mardi 23 décembre 2008

Chapitre 13

A ce niveau du récit, vous vous dites que je vais vous présenter un après l’autre
les prétendants de Loula et que je vais évidemment garder le bon pour la fin.
Que nenni, braves gens, un peu trop simpliste comme scénario. Le fait d’avoir trois fois l’âge de la demoiselle ne me classe pas encore dans les séniles. Et vous connaissez mon avis sur les tests d’aptitude… Foncer, telle est ma devise, et je préfère de la casse, du courant d’air que des atermoiements « j’y vati, j’y vati pas »
Je dois quand même reconnaître à la décharge de Loula, qu’elle a du cran cette petite, et que rencontrer ces inconnus, même triés sur le volet selon des critères plus ou moins avouables lui accorde un certain mérite. Elle est même excusable de s’accorder un garde-fou avec THE questionnaire, une sorte de parachute de secours, puisque de toute façon son opinion était faite avant la lecture des résultats, qui ne faisaient que confirmer son jugement personnel.
Mais voilà donc que Loula décida d’inverser le processus et demanda aux derniers prétendants de lui communiquer leurs réponses avant leur rendez-vous. Elle ne désirait pas évincer la rencontre mais être avertie du genre que pourrait prendre celle-ci. Elle avait tout à fait le droit, se dit-elle, de profiter seulement d’une sortie sans se perdre en conjonctures sur un avenir matrimonial qui s’avèrerait impossible. Et puis cela enrichirait son catalogue psy de spécimens originaux. Tant pis si elle coiffait Ste Catherine, elle raffolait des chapeaux !
Elle découvrit alors que Pierre était un fade 10a* (casanier routinier) et elle l’imaginait en chemise et pull ras-de-cou, dans les tons les plus neutres possibles.
Le pauvre Olivier n’avait également aucune chance avec des réponses catastrophiques à toutes les questions (Par exemple le 1b*** = homme figé dans des stéréotypes sexués) et un 13d** rédhibitoire (machiste traditionnel)
Jérémie, en revanche partait gagnant avec un formidable et idéal 12c***.
Forte de cette analyse, et ne voulant vexer personne, elle convia d’abord Olivier, puis Pierre, se gardant Jérémie pour ce qui, selon elle, devait être l’apothéose, le « last but not least »rendez- vous.

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