jeudi 27 novembre 2008

Las!

Ô rage,ô désespoir, ô vieillesse ennemie!
L'automne est déjà là et les fleurs sont flétries.
Je n'ai pas vu filer les bas de ma beauté
Que les fines aiguilles ne peuvent repriser.
Hier encore je tenais par la main des tout petits
Pour les accompagner jusqu'au bord de la vie,
Et les voilà soudain à construire un foyer,
A parcourir le monde, à tisser leur métier.
Je n'ai pas profité des annes d'insouciance,
Plus livres et bureau que les pistes de danse
Pour occuper mes jours, mes soirées et mes nuits.
Ne pas perdre de temps, pouvoir gagner ma vie,
Obtenir mon diplôme et enfin exercer.
J'aimais beaucoup Rimbaud, j'aurais dû l'écouter
Teinter de fantaisie mes sérieux dix-sept ans.
On ne l'a pas voulu, je n'en ai eu le temps.
Le printemps plus jamais ne reviendra, tant pis,
Surtout que dans mon coeur je n'ai jamais vieilli.

(Pas très gai tout ça, je sais, mais j'approche de ma date anniversaire
et mon moral à tendance à descendre avec la température!)

mardi 25 novembre 2008

Marmottage

Les premières gelées sont là, avec un peu d'avance sur la date hivernale officielle.
Cela ne change pas grand chose au rythme de vie, sinon prévoir dix minutes
de plus le matin pour gratter les vitres.
Les oiseaux migrateurs sont repartis vers des contrées plus chaudes,
le chat a rallongé ses heures de sieste, mais nous, les petits bonhommes,
ont continue comme si de rien n'était à sortir au froid pour aller chasser,
enfin je veux dire pour aller gagner notre subsistance et celle de nos familles.
Il me sembleavoir entendu que l'espèce humaine se plaçait au-dessus de
tous les autres animaux, par son intelligence et sa faclté d'adaptation.
Effectivement, on n'a jamais vu un ours avec un téléphone portable,
un loir pianotant sur un clavier d'ordinateur, une taupe sondant l'espace,
un hérisson découvrant un vaccin, une chauve-souris peignant un plafond
de chapelle ou un hamster sculptant une fontaine.
Mais tout de même, avouons-le, on aurait parfois bien envie d'être moins
humain et plus marmotte quand arrive le froid!
Et pourquoi non?

dimanche 23 novembre 2008

Au gré du vent (1)

Tout se meut
bruisse, craque, grince, gémit.
L'horizontale disparaît
et tourbillonne joliment.
Un trait blanc de passage
strie l'argent bleu du ciel.
Des serpentins de chevelure
s'emmêlent au rouge baiser.
Parfois, une jonglerie de poussière
clôt brusquement les yeux.
Alors, peut-être, on vole aussi ...

samedi 22 novembre 2008

Météo

19/09 De V. à B.
Chers téléspectateurs,
le week-end est enfin là après une dure semaine de labeur
et vous voudriez savoir quelle sera la couleur
de votre ciel et de vos routes.
Voici donc nos prévisions:
vendredi soir: malgré une éclaircie téléphonique en fin d'aprés-midi,
la route médicale sera trop encombrée pour vous laisser le loisir d'une sortie.
samedi : le golf sera au vert et le lac au bleu, avec une légère brise solitaire.
Toutefois, vous serez à même de vous promener
sur le chemin du bricolage ikéa.
dimanche : matinée de plume et de couette,
dégagée ensuite par une mini tornade blanche baptisée V.
La route dominicale assurément remplie de rires et de câlins.
Une fine pluie dont il vous faudra parler tombera en fin de soirée
pour arroser votre écran de ciné.
Tous nos voeux pour un agréable repos!.
19/09 De B. à V.
Merci ma Zouzoune pour ces prévisions
météore Ho ! logiques
Bonne soirée
Bisous

mercredi 19 novembre 2008

Chapitre 10

Chapitre 10

Et le questionnaire de Loula s’étendait donc ainsi dans des ramifications
aussi complexes que son cerveau créatif. Je vous fais grâce de la suite.
Je suis toujours étonné de voir des personnes s’adonner aux plaisirs
des tests psychologiques, que ce soit ceux des magazines papier ou
sur internet. J’ai constaté que les femmes étaient en général très friandes
de ce type de questionnaires. Quant à moi, je ne vois aucun intérêt à
connaître ma couleur intérieure, l’âge de mon totem ou le sexe de mes
principes ! Et, en parlant de sexe, je me ris de toutes les analyses
moi-toi-nous pour l’harmonie et l’épanouissement du couple. C’est bien
un truc de « bonne femme » de se regarder le nombril ou la foufoune
pour savoir si ça fonctionne bien et si ça pourrait mieux fonctionner !
« Bien dans mon slip, bien dans ma tête », voilà la devise d’un homme viril.
Oui, c’est égoïste, oui, c’est réducteur, mais qu’est-ce que c’est bon !
On ( quand je dis « on », je veux dire « elles »)ne peut pas nous demander
d’un côté d’être un tigre dans la jungle sociale et de ramener le meilleur job,
le meilleur salaire, le meilleur statut, et de l’autre d’être émotif, sensible,
et délicat. J’ai choisi et j’assume d’être un macho man.
De toute façon, comme ce n’est pas moi, heureusement, qui suis soumis
aux arcanes prédictives de Loula, je peux continuer le récit.
Après avoir donc mis au point sa propre stratégie sélective, Loula
annonça aux marieuses qu’elle était prête à rencontrer ceux qu’elles
auraient préalablement choisis comme maris potentiels.
Il va sans dire que celles-ci n’avaient pas attendu son feu vert pour
se mettre en chasse, et une liste de prétendants avait déjà été dressée,
avec l’aide de tout le réseau familial, social et amical.
De longues discussions avaient ensuite donné lieu à un tri sévère
« Ah non, quand même pas un entrepreneur de pompes funèbres ! »
« Moi vivante, un huissier ne passera pas cette porte ! »
« Une coquetterie, passe encore, mais un strabisme aussi prononcé,
juge d’instruction ou pas, c’est irrecevable ! »
Loula laissait agir les spécialistes, elle avait fort à faire à son cabinet
où une nouvelle patiente avait réalisé que son style gothique était
certainement la source de ses idées noires et comptait sur une
psychothérapie pour lui transformer extérieur et intérieur, tout en lui
conservant son côté original et sa personnalité hors norme.
Loula travaillait donc au passage du gothique au baroque
et ce défi à relever occupait déjà bien assez ses journées.
Toutefois, il arriva un jour où la sélection fut définitivement arrêtée.
Coïncidence d’heureux auspices, ce fut aussi le jour
de la première sortie de sa patiente en falbalas fort colorés de costume
d’opéra. Loula fut ravie de ce succès thérapeutique, et se sentit alors
tout à fait disponible pour examiner d’un œil ouvert et optimiste les
identités des hommes parmi lesquels se trouvait le futur élu.

mardi 18 novembre 2008

Tire la navette et ma bobinette chèra

NAVETTE: nom féminin
1 Bobine allongée que l'on passe dans un sens
puis dans l'autre entre les fils pour tisser
Ex: la navette volante est lancée par un mécanisme
2 Petit car, train ou bateau qui fait l'aller et retour
régulièrement entre ces deux endroits
Ex: il y a une navette Aix- Marseille toutes les 10 minutes
3 Un engin capable d'aller dans l'espace et de revenir
Ex: la navette spatiale française s’appelle Ariane
4 Petit biscuit sec en forme de barque
Ex : la bénédiction des navettes à Marseille
5 Mére de famille laborieuse écumant les rues
en aller et retour
domicile-gare-
Ex: "Peux-tu venir me chercher à la gare ce soir,
j'ai mes livres et c'est lourd!"
domicile-coin perdu-
Ex : « S’il te plait, c’est une soirée hyper importante,
mais pas de bus pour rentrer après 23h… »
domicile-supermarché
Ex : « Il y a RIEN à manger ! »
On remarquera que NAVETTE est un mot
exclusivement féminin,
(le mot NAVET ayant une toute autre signification)
On remarquera aussi que les pères sont en général
trop débordés, eux, pour ce genre de transport.
On les soupçonnera d’ailleurs d’en être satisfaits.
On arrivera même à les envier.
Et pourquoi non ?

lundi 17 novembre 2008

Spoir

Les bateaux s'envolent de leurs ailes blanches,
des cerfs-volants se battent avec des cris joyeux,
les planeurs dessinent le ciel en arabesques musicales,
les feuilles se croient déjà en automne
et pourtant la poussière du sable est tiède encore de soleil
Quelqu'un m'a dit de ne pas croire que la vie n'était que vent...

dimanche 16 novembre 2008

QUIZZ

05/09 De V. à B.
Ce petit QUIZZ a été proposé aux invités du vernissage
(où Melle V. n’a pas été conviée sous prétexte
que Melle Agnès B. l’était déjà),
avec à la clé,par tirage -au sort,
un tirage – photo du talentueux artiste.

poser un bouquet
surexposer les armes
reposer des couleurs
composer une solution
déposer une photo
juxtaposer pour la postérité
proposer une théorie
exposer une question
proposer une théorie

05/09 de B. à V.
tro fassil ! té pa o li ?
fo fer dodo !
si tu dor pa apel moi

vendredi 14 novembre 2008

Chapitre 9

Voici un questionnaire de personnalité,
chaque option vous dirige vers la question suivante

En rentrant le soir à votre domicile vous allumez
1/une cigarette 2/ la cheminée 3/ la télé 4/ des bougies5/ la radio

Si vous avez choisi l’option 1
a) une brune
b) une blonde
c) un cigare
d) un joint
Si vous avez choisi l’option 2
a) le feu est préparé
b) vous allez chercher du bois
c) vous allez couper du bois
d) elle fonctionne au gaz
Si vous avez choisi l’option 3
a) sur TF1
b) sur Arte
c) sur Canal plus
d) sur FranceTélévision
Si vous avez choisi l’option 4
a) anti-tabac
b) anti-stress
c) anti-moustique
d) anti-odeur

Si vous avez choisi l’option 5
a) jazz
b) classique
c) rock
d) info

Vous associez quel mot à votre choix ?

Si vous avez choisi l’option 1a
* belle
** bonne
*** chic
**** sexy

Si vous avez choisi l’option 1b
* belle
** bonne
*** sexy
**** caractère

Si vous avez choisi l’option 1c
* bon
** viril
*** solitaire
**** riche

Si vous avez choisi l’option 1d
* planer
** fuir
*** transgresser
**** imiter

Si vous avez choisi l’option 2a ou 2b
* prévoyance
** sécurité
*** ordre
**** habitude

Si vous avez choisi l’option 2c
* spontanéïté
** exercice
*** étourderie
*** habitude

Si vous avez choisi l’option 2d
* propreté
** facilité
*** modernité
**** maîtrise

jeudi 13 novembre 2008

Recette

Grosse fatigue
Prenez une journée de 24h
Réservez 8h de sommeil
Malaxez 8h de travail avec 1h de trajet
Prévoyez 1h d'ordinateur
Saupoudrez de 1h d'activités domestiques
Ajoutez 1h de préparation culinaire et repas
Mitonnez 2h de télévision ou vidéo
Gardez 1h de lecture pour la sauce
Décorez avec 1h de temps libre pour fumer, rêver, discuter
Vous obtenez une grosse fatigue, que vous pourrez dégustez le w-e
Vous pouvez en cuisiner régulièrement jusqu'aux prochaines vacances
car la grosse fatigue se conserve très bien
et peut se manger aussi réchauffée
Bon appétit!
Si vous trouvez la préparation indigeste,
alors qu'elle est pourtant bien en dessous
du régime hyperlaborieux préconisé
par nos instances supérieures,
vous pouvez toujours vous inscrire
en contestataire
Et pourquoi non?

mercredi 12 novembre 2008

Vocabulaire

04/09 De V. à B.
TIRAMISU se traduit littéralement de l'italien "tire-moi en haut"
et plus poétiquement "emmène-moi au ciel ».
C'est un dessert à base de biscuits imbibés de café et de liqueur,
sur lesquels on étale une couche de mascarpone, saupoudrée de chocolat.
Tellement délicieux, ce dessert donne l'impression de monter au paradis
des délices gourmands, d'où son nom très imagé.
Une part de Tiramisu servi au restaurant est assez copieuse pour être dégustée à deux,
les deux convives partageant alors ensemble ce délice.
La conséquence en est que le couple a alors envie de prolonger ce plaisir
par un rapprochement corporel et sensuel qui emmène au ciel les amants,
non plus dans une métaphore culinaire mais dans une réalité divinement érotique...
La gourmandise étant fort loin d'être un vilain défaut quoi qu'en dise l'adage,
il sera difficile aux amants de se séparer après ce dessert, et seul le devoir professionnel poussera la dame hors du lit de son chéri alors qu'elle n'aura que l'envie de se blottir contre lui. Heureusement, la dégustation de Tiramisu ne connaît aucune limite, bien au contraire,
elle est recommandée par le corps médical, et il est tout à fait possible d'en consommer
encore le vendredi si vous en avez dégusté le mercredi
(sauf cas exceptionnel d'exposition photo et de confidences de copine)

05/09 De B. à V.
Pour la 2ème ration de "tire moi en haut", on peut peut-être attendre jusqu'à samedi ...

mardi 11 novembre 2008

"La DER des DERS"

A vous tous, jeunes gens qui n'avaient pu
devenir ,aimer, engendrer, construire, inventer,récolter ,
PARDON
A vous tous, jeunes hommes qui n'avaient pu
aimer votre compagne et voir grandir vos enfants,
PARDON
A vous tous, hommes d'âge, qui n'avaient pu
récompenser votre vie de labeur
PARDON
Quelques gerbes une fois l'an, pour dédouaner notre mémoire,
pour blanchir notre conscience de la saleté de l'oubli
"Der des ders" vous disiez...
Et nous, on continue à préférer les armes aux épis,
les obus aux fruits mûrs, les torpilles aux étoiles de mer.
Attention, pas chez nous, tout de même!
Les vastes plaines des tranchées ondulent de vert à nouveau.
Et rien n'est plus beau qu'une frontière ouverte
MAIS
il y a toujours trop de gosses qui tiennent des fusils
et qui ne connaîtront pas demain
il y a toujours trop de béquilles, de moignons, de regards vides
qui insultent la merveille de la naissance
il y a toujours trop de sang, d'humeurs, et de gangrène
qui empestent les pétales des roses
SURTOUT
il y a encore trop de colère et de vengeance
pour justifier des violences barbares
on ne prie pas un dieu avec des mains sanglantes
on ne crée pas un peuple sur un monceau de crânes
on ne trace pas un pays avec des traits de feu
PARDON
à vous qui saviez que la guerre était théâtre de pantins,
à vous qui aviez compris que vos vies de marionnettes
ne tenaient qu'à un fil, celui des idées fixes,
du plomb des fusils, et de l'acier des canons,
à vous, englués dans la toile boueuse et sordide
des araignées d'argent voraces et imbéciles
qui punissaient de mort ceux qui ne voulaient plus mourir
Il y aura toujours des soldats,il y aura toujours des guerres,
parce que la nature humaine n'est pas d'amour seul faite,
et c'est comme ça.
Et que les gens qui font de leur vie la garantie de la nôtre
méritent le respect.
Mais il y a des idéaux ou des causes plus justes
à défaut d'être propres
Et donner sa vie pour engraisser de chair à canon
un gros plein de fric n'en fait pas partie

On pourrait peut-être rappeler votre sacrifice cruel
en cessant de créditer le compte des marchands de mort?
Et pourquoi non?

dimanche 9 novembre 2008

Floraison

Mon arbre de papier
fleurit de métaphores
Mon encre les butine
Je récolte parfois
le fruit âcre et sucré
d'un poème

vendredi 7 novembre 2008

Chapitre 8

Quels furent donc les judicieux conseils prodigués à Loula en matière de choix
du mari idéal ? Et dans quelle mesure, d’ailleurs, la participation de Loula à l’élection d’un époux serait sollicitée ? Il ne vous a pas échappé que c’était la mère de Jane-Hélène qui lui avait « dégotté » un mari, de même que sa propre mère lui en avait trouvé un auparavant, de même que sa propre grand-mère en avait sélectionné un pour sa fille, et ainsi de suite en remontant l’arbre généalogique des Galanis.
Puisqu’il s’agissait de l’acte sacré de perpétuer la branche féminine de l’espèce, chacune s’en remettait aux critères de sélection familiaux. Un panel de prétendants était ensuite proposé à la jeune fille qui avait la liberté de la décision finale. C’était donc de ce dernier tour des élections que s’inquiétait Loula. Mais nous n’en sommes pas encore là, et revenons à notre tri sélectif primaire.
L’homme devait être d’un bon milieu social (petite ou moyenne bourgeoisie industrielle, famille d’artiste renommée, lignée notariale, médicale ou pharmaceutique) pour éviter les conflits politiques et les soucis financiers ;
de même religion, mais les non-pratiquants assidus étaient acceptés, et de même type européen, pour éviter les conflits socio-ethniques ; d’une formation solide, de niveau universitaire au minimum, pour éviter les conflits culturels.
Il était hautement souhaité qu’il soit fils unique, et si possible orphelin, pour éviter l’intrusion d’une autre ligne directrice dans la conduite des affaires familiales.
Il arrivait donc indéniablement que des célibataires tranquilles , « vieux garçons » patentés soient la cible des manœuvres séductrices de ces femelles de proie, ne puissent résister au chant des sirènes, trouvant finalement leur compte dans un dévouement total des femmes du foyer à leur bien-être matériel,(car épouser une Galanis impliquait d’accepter toutes les autres à domicile), la présence d’une belle femme à leur bras quand il fallait se montrer dans les cérémonies officielles locales, la décharge totale des soucis de gestion d’intendance, la paix totale pour s’adonner à leur hobby personnel, et la fierté de procréer un magnifique rejeton (femelle).
Mais attention, il fallait que le monsieur soit suffisamment bien de sa personne pour que la beauté et la santé physique de la lignée soit conservée et même améliorée !
Il ne s’agissait pas de se rabattre sur de chétifs avortons abandonnés sur le bas-côté de la route matrimoniale, mais plutôt de jeter son dévolu sur des célibataires qui n’avaient pas en fait cru nécessaire jusqu’à présent de s’abandonner aux joies du mariage, ce qu’il importerait donc aux marieuses de lui faire découvrir par de subtiles stratégies séductrices, jusqu’à adhésion complète au projet.
Stature suffisante, dents parfaites, aucune maladie congénitale ou tare génétique, peu importait en revanche la couleur des cheveux ou des yeux puisque de toute façon, l’enfant serait brun aux yeux bleus.
Et le caractère ? Si l’homme avait déjà supporté toutes les manœuvres d’approche, toutes les questions insidieuses, tous les examens suspicieux, toutes les enquêtes directes ou indirectes à son sujet, il était forcément de bonne composition et saurait se plier aux figures imposées des us et coutumes du matriarcat.
Mais la décision finale appartenait tout de même à la principale intéressée, et c'est donc sur ce point capital que Loula désirait quelques lumières.
On lui suggéra donc d’élaborer un questionnaire qui permettrait de cerner au mieux la personnalité du prétendant dans ses petites lignes, les grandes ayant déjà été posées au préalable par la sélection familiale.
De formation scientifique, ne l'oublions pas, Loula dévalisa le kiosque de son quartier de tous les magazines féminins, masculins et gays, pour se constituer un corpus de tests "psychologiques"
Elle établit des parallèles et des croisements, releva des incontournables et des inutiles, découvrit des insoupçonnables et des évidences. Elle utilisa des tableaux et des graphiques, des couleurs et des formes géométriques, batailla de longues heures avec toutes ces données et créa ce qui devait être LE questionnaire imparable pour choisir son futur mari.

mercredi 5 novembre 2008

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02/09 de V. à B.
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03/09 De B. à V.
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MINI V. lave plus blanc
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mardi 4 novembre 2008

Sens souci

La famille traversant une fois de plus une période de préparation de code intensive pour cause de permis , nous sommes dans le questionnement des panneaux de signalisation. la jeunesse découvrant qu'ils ne sont pas uniquement des objets de décoration routière.
Et sens interdit par là, et double sens par ici, et sens unique au milieu...
Parmi les questions existentielles qui me tracassent régulièrement, "Qui suis-je?" "Où vais-je?" "Dans quel état j'erre?"la question de base concerne le sens de la vie.
Qu'elle se déroule inexorablement, sans demi-tour possible, qu'elle s'apparente aux chemins de traverse ou aux grands boulevards, qu'elle semble pour certains sans issue et pour d'autres une entrée d'autoroute, qu'elle s'avère pour ceux-là une chaussée déformée et pour ceux-ci un circuit de compétition, merci j'avais compris!
Mais le sens profond, le "pourquoi du comment "nous traçons notre route sur cette planète?
Les formes de vie sont si multiples et si complexes, la vie des humains serait-elle plus précieuse et plus signifiante que celle de tout autre être vivant? La faculté de réflexion qui nous est propre donne certainement à notre existence plus de responsabilité dans la chaîne vitale.
D'où le questionnement, sur tous les choix possibles pour toutes les voies aux carrefours de l'existence. Etre conscient de ces options, être sur de ses options.
Le code de la vie n'existe pas en version définitive, chacun écrit la sienne avec les valeurs qu'il a reçues et qu'il s'approprie, qu'elles soient morales, culturelles ou religieuses
Je me dis que quelques panneaux de signalisations seraient parfois les bienvenus pour éviter les impasses et les erreurs de trajets.
Et pourquoi non?

lundi 3 novembre 2008

le bonheur, qu'est-ce?

Est-ce un souffle, un espoir,
Une flamme allumée dans le noir,
Quelques pas sans tomber,
Un chemin dans les ronces tracé,
Les battements d'un coeur,
L'éclosion tardive d'une fleur,
Le masque d'un sourire,
La mer effrangée qui se retire ?

Sur le mur de la grotte un dessin.

Est-ce réalité ou bien rêve,
Dans les combats la trève,
Le galop fou qui se met au pas,
Une pierre grenat
Sertie du froid métal argenté,
La nuit d'aube teintée,
Le ruisseau remontant sur la mousse
Au secret de sa source?

Jamais plus disparaît pour demain.

dimanche 2 novembre 2008

Chapitre 7

Une des premières grandes décisions de Loula dans la voie de la rédemption fut
de se faire opérer de sa myopie. Elle prit donc un (pseudo) rendez-vous dans une clinique ophtalmique réputée, avec la complicité d’une copine secrétaire, en insistant sur le fait que le chirurgien interdisait toute accompagnement et toute visite pour éviter l’agitation « ma pauvre chérie, tu vas rester dans le noir toute seule ! » et passa une journée chez sa copine, à manger du chocolat et à boire du gin orange, version twenty de la soirée pyjama. Le soir, elle rentra au domicile familial l’estomac assez barbouillé pour prétexter l’anesthésie et les yeux assez vagues pour se plaindre d’une migraine et réclamer calme et silence. Elle ressortit le lendemain matin de sa chambre sans aucun besoin de lunettes (et pour cause) et chanta haut et fort les louanges du chirurgien. Celui-ci y gagna une opération de la cataracte pour la grand-mère, mais ne comprit jamais pourquoi elle n’arrêtait pas de le remercier pour avoir changer la vision des choses de sa petite-fille. Comme il était charmant et fort courtois, il se contenta d’un peu compromettant « C’est mon métier, madame » tout en se demandant si cette brave dame n’avait pas aussi besoin de consulter son collègue gérontologue.
La seconde décision de Loula fut de consulter un copain psychologue. Elle ui expliqua son soudain revirement face à la tradition familiale, lui confirma qu’elle n’était sous l’emprise d’aucune substance illicite, l’addiction au chocolat n’étant pas encore une cause d’arrestation,
et qu’elle était fermement décidé à convoler en justes noces, mais qu’elle aimerait bien avoir quelques trucs pour faire le bon choix parmi les prétendants que les femelles du clan ne manqueraient pas de lui trouver.
Ce collègue, au demeurant charmant, si ce n’était sa petite taille et sa calvitie précoce, crut judicieux de saisir l’occasion pour présenter sa candidature comme idéale, mais Loula ne put s’empêcher de rire, en lui expliquant qu’elle le considérait comme un frère depuis trop longtemps qu’ils se connaissaient, et qu’elle n’allait pas doubler un mariage de raison avec un inceste déraisonnable. Il en convint en riant (jaune) avec elle, et ne remit plus jamais la question sur le tapis (vert).
Sachez d’ailleurs qu’il rencontra une grande femme blonde, aux rondeurs pectorales inversement proportionnelles à ses circonvolutions cervicales, avec laquelle il put s’adonner sans aucun complexe à toutes les fantaisies sexuelles imaginables, ce qui ne provoquait chez elle qu’une adorable exclamation d’adoration unilatérale et invariable « Oh, toi, mon doudou alors ! ». Quand je vous dit que je trouve reposant le genre, je ne suis pas le seul ! Enfin, dans le fond, sinon dans la forme, puisque lui épousa, par manque de goût pour le changement et par besoin sécuritaire et hygiénique de la monogamie, une séquelle de tocs certainement.
Si j’ajoute que « Doudou » était la petite appellation affective dont le gratifiait encore
sa maman, vous en déduirez comme moi que cet homme aurait eu tort de se refuser la quintessence du fantasme oedipien accompli.

samedi 1 novembre 2008

Olé!

31/08 De V. à B.
"....On a chanté les madrilènes, qui vont aux arènes, voir le torero"Ce dimanche, à la manade, une grande réunion familiale a vu l'émergence d'un nouveau dieu de l'arène. Lors d'une ferrade, El B…., perpignanais d'origine mais aixois d'adoption, a fait montre d'une dextérité impressionnante à la capture des jeunes bovins. Et lors de la course qui a suivi, ses talents de razeteur ont enthousismé le public: il crochetait avec autant d'adresse la cocarde qu'il bondissait par dessus la barrière !
Selon des sources sures, c'était pourtant la 1ère fois qu'il s'adonnait au sport national camarguais. Va-t-il pour autant abandonner son poste de technicien de haute sécurité sur un site bien connu pour embrasser la carrière de torero? A cette question, El B… a répondu que descendre dans l'arène après cinq pastis tassés était une chose, affronter les toros à jeun une autre; qu'il trouvait que leurs cornes étaient quand même bien pointues; qu'il était déjà occupé à dompter V…-la-Rebelle et que c'était un sacré défi; que les arènes n'étaient pas climatisées; qu'il préférait la musique de Cold Play à celle de Carmen;qu'il aurait moins de temps pour dormir que dans son bureau; qu'il préférait les blondes à forte poitrine aux brunes espagnoles; qu'il ne pourrait pas mettre ses palmes pour nager sur le sable de l'arène.Les afficionados n'auront donc pas d'autres occasions de voir El B… toréer, mais ceux qui l'auront vu à l'oeuvre ce jour de grâce en parleront encore longtemps!
De notre envoyé spécial aux Saintes Maries, Speedy Gonzales

31/08 De B. à V.
rentre à peine, suis à 3 grammes et vanné!Super journée !Merci d'avoir fait l'éloge d'El B… qui s'est effectivement distingué ... mais pas en face des bestiaux !!!Gros bisous