mardi 9 décembre 2008

Chapitre 11
Dans la sélection préliminaire, on trouvait un Olivier, un Pierre,
un Martin, un Florian et un Jérémie. Il fut convenu que chacun inviterait
Loula dans une restaurant de son choix et qu’il lui remettrait alors le
questionnaire-test préalablement rempli.
C’est avec Martin que Loula inaugura sa chasse au trésor. 32 ans,
grand, athlétique, la dentition parfaite, le brushing soigné, les ongles
manucurés, le costume de marque bien coupé et les chaussures italiennes.
Une magnifique montre ornait son poignet droit et une fine gourmette de
platine le gauche Il vint la chercher en cabriolet décapotable, jantes alliage
et siège en cuir et l’emmena dans un nouveau restaurant lounge où sa boite
de designer organisait les fins de stage de management ou les happy end des contrats. Il lui proposa un drink avant le lunch, et lui expliqua les objectifs
de sa boîte, les enjeux, le chiffre d’affaires, les concepts in , sur un ton fort plaisant ; Son sourire étincelait chaque fois que Loula riait à ses remarques, surtout celles en anglais, et il semblait ravi de trouver en face de lui une fan des US, de leur mode de vie et de leur mentalité de gagnant. Il allait à New-York une fois par mois pour gérer sa succursale « French Connection » et se proposa de l’emmener le mois prochain,
« Exactement le 10, ma secrétaire vous prendra un billet » dit-il en regardant son agenda électronique.
Le diner fut tout à fait agréable, si on oublie les dix appels reçus, les trois
mails envoyés, les shake hand aux habitués du coin, les bises aux habituées
du coin,et les grands saluts de la main aux connaissances.
Il la ramena chez elle, fort satisfait de sa soirée et lui glissa sa carte
professionnelle au verso de laquelle il avait écrit ses réponses au test.
Il l’embrassa au creux du cou et lui chuchota « Call me now ».
Loula remonta chez elle en pouffant de rire, se demandant s’il était aussi « speed » pour tout… et répondit aux interrogations plus ou moins muettes de la tribu que c’était « Cool ! ». Puis elle alla dans sa chambre et ne fut pas étonnée de découvrir entre autre un 6c** ; Martin était charmant physiquement, mais sa vie tournait bien au-dessus des limites autorisées ; c’était au mieux le divorce pour cause de décalage horaire, au pire le veuvage pour infarctus. Au suivant !

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