mercredi 4 février 2009

Allo A l'eau

Tout le monde finit par avoir un téléphone portable.
On peut être joint à tout moment et pratiquement partout.
On a des répertoires de ministre, des listes de numéros aussi longues que le bottin.
On s’échange les numéros très facilement, trop parfois….
Alors d’où vient qu’à cette époque de communication tout azimut,
on perde aussi facilement contact avec la famille et les amis ?
Parce qu’il faut composer le numéro et faire l’effort d’appeler,
ou d’écrire un sms.
Voilà, la paresse, la négligence, les « demain » « plus tard »
« ce week-end » « pendant les vacances », les « je n’ai pas le temps »,
« trop de travail » « je suis fatigué(e) » créent l’oubli.
Il y a la tradition des vœux qui permettent d’année en année de garder un lien,
même ténu, avec des relations amicales ou familiales.
Une bonne occasion de remettre à jour, une fois l’an, les compteurs de la communication.
Saisissons au moins cette chance de ne pas se retrouver et laisser les autres sur une île déserte.
Et pourquoi non ?

vendredi 30 janvier 2009

Lonely heart

C’est un cœur solitaire
Qui poursuit son chemin
Sans demander sa route.
Parfois un peu perdu,
Il cherche la lumière
D’un abri pour la vie.
Parfois un peu troublé
Il reste pour un soir
Dans un abri furtif.
Parfois un peu secret
Il demeure tapi
Dans un abri douillet.
Parfois lassé de tout
Il songe à s’arrêter
De battre…
Parfois un peu trop gai
Il s’emballe d’amour
Dans des rêves secrets.

mardi 27 janvier 2009

Chapitre 20

Jérémie avait dû sentir que Loula n’était pas entièrement convaincue par sa dernière prestation car il précipita les choses : il l’emmena dîner dans le restaurant chic, le même que celui de leur première rencontre et au dessert,à la lumière des bougies, lui offrit une bague en lui demandant de l’épouser. C’était tellement romantique…mais tellement prématuré… Loula se mit à pleurer, ce que Jérémie mit sur le compte de l’émotion.
C’est que le jour même, elle avait revu Olivier et lui avait demandé de but en blanc ce qu’il pensait de ses réponses au questionnaire. Olivier se mit à rire et avoua qu’il avait soigneusement répondu pour avoir « tout faux ». Ses études et ses connaissances en psychologie, puisqu’il comptait se spécialiser en psychiatrie, lui avaient permis de savoir ce que Loula trouverait rédhibitoire, et il voulait justement l’apprivoiser par ce qu’il était vraiment et non pas par ce qu’elle aurait voulu qu’il soit. C’est pour cela aussi qu’inversement, il n’avait pas triché en ne donnant que des réponses idéales. Loula s’étonna. Comment pouvait-il savoir les réponses idéales ou non ?Parce que je te connais depuis si longtemps… Loula eut une grimace de dépit. Non, pitié, pas le coup de la vie antérieure ou de l’âme sœur ! Mais ce fut une réalité beaucoup plus prosaïque que lui présenta Olivier. « Je te connais depuis des années, Mary-Sophie Martinot-Galanis sans t’avoir jamais vue qu’en photo. Ma mère et ta tante ont une amie commune. Et j’ai entendu parler de toi depuis que je suis petit ; je connais tes lubies, ta fausse myopie (ta tante n’a jamais été dupe, tu sais), tes frasques sentimentales et tes révoltes capillaires, tes réussites scolaires et ta première sortie, ton cabinet et tes méthodes thérapeutiques. Je suis amoureux depuis des années.Et j’attendais qu’un jour je puisse venir à toi. Alors, quand tu t’es décidée pour la chasse au mari, j’ai supplié ma mère d’intercéder en ma faveur. Je n’ai jamais été un candidat officiel, je n’aurais pas passé la barre des présélections. Ta tante a donné un petit coup de pouce au hasard en glissant mon C.V dans la liste finale… Et c’est pour cela que je n’ai pas voulu user du questionnaire comme une arme fatale ».
Loula en resta muette. Devait-elle se fâcher contre ce complot orchestré de main de maître par sa chère tatie ? Devait-elle craquer devant tant d’obstination amoureuse ?
Et là, ce soir, une demande en mariage ! Un peu beaucoup pour elle ! Alors oui, de l’émotion, mais certainement pas celle à laquelle pensait Jérémie…
Elle se leva en priant Jérémie de l’excuser et se réfugia dans les toilettes du restaurant. Quand Olivier décrocha son portable elle le questionna, en sanglotant
- Et je suppose que toi aussi tu voudras que j’arrête de travailler pour s’occuper de nos enfants ?
- mais non, quelle idée ! … Tu as dit « nos enfants » ? Dis moi où tu te trouves,
et s’il te plaît attends-moi, j’arrive !
Moins d’un quart d’heure plus tard, Loula s’enfuit sur la moto d’Olivier.
Et ce fut cette nuit là, où ils firent l’amour pour la première fois du reste de leur vie, que son amour s’écria « Oh la la Loula ! »
POINT FINAL

vendredi 23 janvier 2009

Merci beaucoup

Dire bonjour en arrivant dans un lieu
Demander la parole pour intervenir dans une assemblée
Utiliser des formules de courtoisie
Savoir s’excuser
Remercier les gens qui me renseignent
Attendre son tour
Trop polie pour être honnête ?
Trop polie pour être respectée surtout !
Les règles du jeu ont changé, tout le monde veut écraser tout le monde et les abrutis comme moi qui croient encore à la préséance, au respect et à toutes ces vieilleries démodées se font marcher sur les pieds !
Alors que faire ? Comme tout le monde ? Pas trop mon genre ça, je tiens à mon individualité et à mes valeurs…..
Mais j’en ai plus qu’assez de me faire passer devant….
Je pourrais de temps en temps oser en remettre un à sa place.
Il prendra pour neuf autres qui n’auront pas eu de remarque,
mais neuf de perdus, un de sauvé !
Et pourquoi non ?

jeudi 22 janvier 2009

Il y a comme un frémissement...

Il y a comme un frémissement de l’air,
Un souffle si léger
Qu’il faut tendre l’oreille.
Des oiseaux sont passés
Dans un éclair joyeux.
Le soleil traîne un peu
Le soir pour se coucher.
Les arbres s’impatientent
D’être encore découverts.
Les frimas déjà se dentellent,
Et le parfum de bois brûlé
Se nuance de fleurs.
Il est encore loin,
Mais on sait qu’il arrive,
A petits pas timides,
A coups d’ailes légers,
Le papillon vernal.

mercredi 21 janvier 2009

Chapitre 19

Je n’aime pas trop les histoires « à l’eau de rose » et pourtant je me rends bien compte que je suis en train de vous en raconter une….. Je pourrais évidemment tricher un peu, et choisir une fin beaucoup moins fine (ah ah ah) mais même un peu roublard et truand, je me dois d’être honnête dans mon récit.
Croyez bien que je le regrette, et j’aimais bien cette Loula un brin givrée qui collectionnait les hommes et soignait ses patients à la fringothérapie !
Est-ce ma faute si elle a décidé de rentrer dans le droit chemin affectif et social
en convolant ? Tant pis pour elle !
Moi, en tous cas, je continuerai à vieillir avec mes blondes platinées, mon wisky
et mes virées nocturnes et je ne m’en porterais que mieux. Je mentirais en disant que je n’ai jamais de coup de blues face à la solitude, heureusement vite passés.
Ce serait cher payé de s’aliéner quelqu’un à domicile fixe pour quelques passages
à vide ! Je veux pouvoir continuer à lire ou à écrire à n’importe quelle heure, à me soucier comme d’une guigne de mon taux de cholestérol, à fumer sans me préoccuper des avertissements, ô combien lourds, sur mes paquets de clope, à traîner en nippes et pas rasé quand ça me chante, à ne pas rentrer à une heure déterminée, à laisser ma chambre en zone sinistrée si je ne suis pas en veine de ménage, à ronfler ou même péter au lit sans complexes et autres facilités fournies gratuitement aux célibataires !
Je n’aurais pas d’enfant, et alors ? Je ne suis pas assez présomptueux pour penser que la transmission de mes gènes serait indispensable à l’humanité. Je ne suis pas non plus assez fort, sous mes dehors de grand gaillard désabusé, pour prendre la responsabilité d’élever un enfant, de lui apporter les fondements nécessaires à la construction de sa propre vie. (ça c’est mon côté philosophe désabusé) et je ne me vois pas non plus devoir l’accompagner à la crèche, chez le pédiatre,à l’école, chez le dentiste, aux cours de judo-foot-karaté-danse-musique-basket-gym-etc, au collège, aux anniversaires, aux réunions de parents, aux départs en colo, aux arrivées, chez l’orthodontiste, au lycée, aux cours de code, aux courses de rentrée scolaire, aux leçons de conduite, à la fac (ça c’est mon côté pépère égoïste)
Eh là ! Vous pensez que je vais me déboutonner et vous raconter ma petite enfance et tout le saint frusquin ? Comme si cela avait un quelconque rapport avec ceci !
Vous lisez trop de magazines féminins vous aussi et vous regardez trop la télé !

lundi 12 janvier 2009

Chapitre 18

Car entre-temps Jérémie était revenu et avait repris sa cour assidue auprès de Loula. Selon le questionnaire infaillible, c’était pourtant lui l’homme idéal, et certainement pas Olivier ! D’où venait alors ce sentiment confus de faire le
mauvais choix ? Jérémie était toujours aussi prévenant « Ne conduis pas si vite,
il y a trop de piétons imprudents » « Ne conduis pas si lentement, il y a une file de voiture qui se forme derrière toi » « N’écoute pas cette radio, elle ne passe que du jazz »….. Mais finalement, était-ce de la prévenance ou du dirigisme ? Loula en eut le cœur net lorsqu’ils évoquèrent leur passé affectif. Jérémie lui expliqua que sa rupture sentimentale était due à un désaccord complet sur leur conception de la famille. Ce n’est pas que sa précédente fiancée ne voulait pas d’enfants, mais elle avait dans l’idée de continuer à travailler au lieu de rester à la maison pour s’en occuper ! Loula en avala son verre de vin blanc de travers. « Mais ta mère est bien enseignante ? » « Etait. Elle a su choisir entre une carrière ennuyeuse et le rôle sacrée de mère de famille. Elle s’est consacrée uniquement à sa famille, et nous en avons tous étaient très heureux ! ». Loula resta interloquée. Etait-il en train de lui demander d’abandonner son cabinet de psychologue pour devenir femme au foyer ?
« Absolument. Et je serai là pour pourvoir aux besoins matériels de toute notre petite famille. Tu n’auras à t’inquiéter de rien, je gagne assez pour deux et plus. »
Loula rentra chez elle fort perplexe et décida d’en parler à la tribu.
Sa grand-mère trouva magnifique qu’en ces temps modernes Jérémie s’engage à assurer entièrement les finances du ménage, sans obliger son épouse à « faire bouillir la marmite ».
Sa mère affirma que les diplômes étaient nécessaires à une femme pour acquérir un certain niveau intellectuel qui lui permettra de tenir son rang dans la meilleure des sociétés, dans laquelle Jérémie l’introduira sans nul doute, mais qu’il n’était pas pour autant nécessaire de les mettre en application.
Son père décréta qu’il n’avait rien contre le travail féminin, mais que celui-ci lui avait toujours semblé plus une contraint alimentaire pour les ménages qui ne pouvaient boucler leur budget sans cet apport, qu’une véritable libération de la femme, qui voyait sa journée de travail souvent doublée par les tâches domestiques, et que si
Jérémie pouvait permettre à sa fille de profiter de la vie sans s’éreinter au travail, il n’en serait que plus heureux pour elle. (C’était d’ailleurs la première fois qu’il s’exprimait aussi longuement et il en avait laissé sa pipe s’éteindre!).
Seule sa tante demeurait silencieuse.
Puis dit soudain à haute voix « Je ne suis pas d’accord avec vous »
Stupéfaites par cette trahison, sa mère et sa sœur en restèrent bouche bée. « J’aurais bien aimé exercer un métier qui m’aurait passionnée ; Toi, tu as cette chance. Alors, choisis en fonction de ton cœur et de tes aspirations profondes, n’écoute pas le chant des sirènes du confort et du porte-monnaie. Si tu as le bonheur d’avoir des enfants, oui, il te faudra jongler entre ton travail et ta vie familiale et oui, tu seras parfois fatiguée. Mais tu ne seras pas seule si tu choisis un mari qui saura vraiment partager avec toi tout ce qui concernera la maison et les enfants, parce qu’il voudra tout autant que toi concilier travail et famille, quitte à n’être pas aussi riche d’argent mais tellement plus riche d’amour. Et puis nous serons là, nous tous ici présent, pour vous aider».
Loula devait revoir Olivier, elle voulait lui demander quelle était sa conception du travail féminin. Et puis lui demander aussi franchement ce que représentait ses réponses au questionnaire !