mercredi 31 décembre 2008

Peuchère!

Randonnée‏
Communiqué officiel:
Nous avons le regret de vous informer que les randonnées pédestres "Les chemins de Pagnol"des mois de septembre et d'octobre ont été annulées suite à "des problèmes internes"Aucune précision ne peut actuellement être donnée par l'Office du Tourisme sur la reprise de ces balades au printemps 2009.
Communiqué officieux:
-Jean de Florette a fini par trouver une source, mais de pétrole, et s'est donc installé aux Bahamas fortune faite
- Manon des Sources a séduit le Papé et dilapide sa fortune sur la Rivièra avec son garde du corps (et amant) Ugolin
- la fille du puisatier a monté un club échangiste avec son copain le bossu
- Topaze est resté dans l'enseignement pour assouvir ses penchants pédophiles
- Marius a rapporté de ses voyages exotiques un goût immodéré pour l'opium et a installé une fumerie dans l'arrière boutique du Café de la Marine
-Fanny a acccroché une lanterne rouge à sa porte, les affaires sont florissantes et sa maman s'épanouit à son poste de mère maquerelle
- César et monsieur Brun se sont associés pour remonter la French Connection du pastis frelaté made in Honkong, on dit maintenant "Don César " et "Don Bruno"
- Panisse a monté une affaire de location de jet-ski avec Escartefigue pour la traversée du Vieux-port qui a un succés fou auprès de la jet-set massilienne, le transbordeur est le théâtre du must des soirées people
Légende urbaine: D'aucuns affirment que le soir, dans sa maison natale, on entend Marcel pleurer..................................................

Les livres de Pagnol sont dédaignés par les littéraires qui ricanent de ses bons sentiments.
Pourtant, la fraicheur des émotions est toujours intacte, chaque page est un florilège d'amour
et d'humanité. Ne confondons pas sensiblerie et sensibilité.
Anciennes valeurs? Les valeurs actuelles n'en sont pas.
Passées de mode? C'est la mode qui est éphémère, superficielle et volage.
Je n'ai pas honte de pleurer en relisant ses oeuvres.
Et pourquoi non?

mardi 30 décembre 2008

Chapitre 15

En attendant, les rencontres devaient suivre leur cours, et c’était le tour de Jérémie, puisque Olivier avait passé le sien (Grand bien lui fasse !) de se faire connaître. Loula était très impatiente, et en avait même parlé à Pierre.
La relation qui s’était très naturellement, comme une évidence et sans ambiguïté
mis en place entre eux, une amitié fraternelle sincère et profonde, leur permettait toutes les confidences. Loula avait même abordé le sujet d’une homosexualité latente, devant l’enthousiasme que mettait Pierre à travailler sur son image, en se découvrant toutes les audaces de matières et de couleurs. Mais cela relevait plus
du stéréotype de l’imaginaire social, « la grande folle » que d’une conclusion formelle, rien moins que des fantasmes. Elle s’était d’ailleurs mis en tête de trouver pour son nouveau meilleur ami la partenaire idéale, et compulsait son fichier de patientes et son réseau d’amies, l’un étant souvent confondu avec l’autre,
à la recherche de son alter ego. Elle lui proposa d’organiser pour lui le même type de rencontre semi organisée que pour elle, mais à son grand étonnement il refusa.
Il allégua de sa timidité, de l’énergie prodigieuse qu’il lui fallait pour sortir de sa coquille, et de l’angoisse qu’il ressentait devant l’inconnu. Elle lui fit remarquer qu’il avait quand même bien accepté de la rencontrer, elle. Il objecta qu’il avait fait cela pour faire plaisir à son oncle, dont la seconde femme était la cousine du beau-frère de l’amie de la tante de Loula, bref une relation très proche qu’il ne voulait pas désobliger. Il ajouta de suite qu’il ne regrettait pas du tout ses trois nuits d’insomnie avant leur rendez-vous, qu’elle était la sœur dont il avait toujours rêvé sans le savoir, mais qu’il avait épuisé pour au moins un an son quota d’audace relationnelle !
Soit, se dit elle, n’insistons pas, et préparons nous pour la rencontre du siècle.
Car Loula était bien décidée à mettre tous les atouts dans son jeu pour séduire « son » Jérémie : 30 ans, plus de charme que de beauté sur la photo, une voix qui lui parut délicieusement velouté au téléphone quand ils fixèrent leur rendez-vous, un métier passionnant, architecte dans un cabinet spécialisé dans les grands monuments nationaux, des loisirs sportifs (cheval, escalade, ski, voile) et culturels (cinéma, théâtre, concert) qui lui plaisaient et qu’elle se voyait déjà partager avec lui.
Sa famille semblait normale (Un père architecte également, une mère enseignante, un frère médecin) et elle savait qu’une grande demeure familiale de campagne réunissait chaque été ceux qui voulaient s’y retrouver. Elle avait bien cru déceler chez son père, qui ne se mêlait guère pourtant des tractations, un léger ton de préférence pour ce candidat. (Le père de Jérémie était son partenaire d’échecs de longue date…) A se demander pourquoi les deux compères n’avaient pas mis plutôt leur progéniture en présence ! En fait, Jérémie s’était fiancé assez jeune, dès l’école d’architecture, avec une de ses collègues, et leur rupture lui avait brisé le cœur au point qu’il semblait avoir renoncé définitivement à toute relation suivie ( Pour dire pudiquement qu’il faisait la bringue et sautait sur toute femelle à sa portée). Puis le temps avait pansé sa blessure affective (qu’en termes élégants ces choses-là sont dites) et lui avait fait entrevoir l’avenir différemment. La suggestion paternelle de rencontrer la fille de son ami était arrivée au moment opportun.

Enquête Site de Rencontre

De B; à V. Réponse enquête site de encontre

1/ votre 1er rendez-vous a eu lieu
-dans un café - au restaurant -dans une boîte de nuit -chez vous -chez elle
2/ ce 1er RDV a été suivi d'un autre
OUI, continuez NON, questionnaire terminé
3/ par rapport au profil consulté, votre 1ère impression a été
- décevante - TRES satisfaisante -mitigée
4/ vous revoyez cette Melle
- régulièrement - de loin en loin - presque jamais
5/ vous êtes déjà parti en voyage/week-end/vacances avec elle
OUI NON
6/ vous avez envie de partir en week-end/voyage/vacances avec elle
OUI NON je ne sais pas
7/ quand vous ne la voyez pas de quelques temps, cela vous manque
-pas du tout - un peu -beaucoup
8/ la relation que vous entretenez vous suffit
- pas du tout -assez - pleinement
9/ vous pensez avoir trouvé votre équilibre sentimental
OUI,plutôt OUI, tout à fait NON, pas trop NON, pas du tout
10/ vous pensez
- développer cette relation - garder cette relation ainsi
- arrêter cette relation - retourner sur notre site de rencontre
11/ si vous deviez exprimer un sentiment global depuis cette rencontre, vous diriez que vous vous sentez - moins heureux - aussi heureux - plus heureux
12/ si vous aviez un seul compliment à faire à votre partenaire ce serait
Elle est, à n’en pas douter, le genre de femme qui peut me rendre heureux
13/ si vous aviez un seul reproche à faire à votre partenaire, ce serait
Elle est, à n’en pas douter, le genre de femme qui peut me rendre heureux 1
4/ pensez-vous que notre Site soit un moyen efficace de rencontrer la partenaire idéale
- pas du tout - plutôt non - plutôt oui - absolument pourquoi pas

THE END

V. n'ayant pas vraiment apprécié dans les réponses le "retourner sur le site de rencontre"
a décidé d'arrêter de voir B. et de venir me voir moi, pour en parler.
Je n'étais pas vraiment étonnée des réponses 11 et 12.
Et j'aimerais bien que mon amie prenne conscience que son côté "Bon samaritain(e)"
lui fait trop souvent rencontrer des gens qu'elle aide indubitablement à se découvrir,
à s'épanouir ou à se réaliser. Mais qu'elle a tendance à s'oublier, et à plus donner que recevoir. Ce n'est pas la première fois que j'en discute avec elle (et ce ne sera certainement pas la dernière!). Je crois qu'elle en est consciente, sans avoir envie de changer.
Espèrons qu'elle puisse un jour touver un partenaire qui aura la même générosité de coeur,
ils pourront s'équilibrer l'un l'autre!

dimanche 28 décembre 2008

Chapitre 14

Un contre-temps professionnel (tu parles !, se dit Loula) ne permit pas à Olivier d’honorer son rendez-vous et ce fut Pierre qui vint la chercher le samedi soir.
Pierre n’avait que 28 ans et un avenir assuré dans l’étude de son père,
qui lui-même la tenait de son père, qui lui-même… etc.
C’était un garçon qui semblait timide et solitaire, mais qui , séduit par son
originalité et sa fantaisie, avai accepté de se prêter au jeu de la demoiselle.
Il n’était pas d’ailleurs d’aspect aussi terne que celle-ci se l’était imaginé et si effectivement il portait un pull, c’était un col roulé très seyant sous une veste croisée de fort bonne coupe. Ils s’attablèrent dans un restaurant très cosy, et la conversation fut si agréable qu’ils eurent vite l’impression se connaître de longue date.
Pierre aussi semblait moins timide et apprécier vraiment l’instant. Il lui parla longuement de son père, de l’admiration qu’il avait pour lui et de son désir de lui succéder un jour, « le plus tard possible » avec les mêmes compétences et la même excellence. Il aimait apprendre et travaillait volontiers avec lui. Il avait déjà pu traiter avec lui plusieurs dossiers de vente délicats et en avait éprouvé beaucoup de satisfaction professionnelle. Il était d’ailleurs en communication avec le cabinet d’avocats d’un consortium immobilier, et voulait se spécialiser dans ce genre de dossier. Il avait trouvé comme interlocuteur une équipe de son âge, avec laquelle il aurait bien aimé sympathiser en dehors du domaine professionnel, mais sa timidité l’en empêchait. Non, il ne sortait que rarement, sinon à l’opéra qu’il adorait.
Danser ? pas du tout. Très sage, oui, pas de petite amie. Il avait une passion
pour la peinture et son plaisir était les expositions, les livres et les musées du quattrocento. Il lui avoua qu’il se sentait en confiance et que c’était rare qu’il se laisse aller ainsi à parler de lui.
Loula sentait bien naître entre eux quelque chose de de fort, mais qui n’avait rien de sexuel. Intriguée, elle lui donna rendez-vous le surlendemain soir, en lui demandant de venir la chercher à son cabinet.
Elle le lui fit visiter et lui explique sa thérapie « corps et âme ». Pierre fut enthousiasmé et s’amusa à farfouiller dans sa collection de tissus. Il lui expliqua que sa grand-mère avait plaisir à concevoir des toilettes qu’elle faisait exécuter à domicile, et qu’il avait aimé jouer avec les bobines et les bouts de tissus que la couturière lui laissait. Il avait oublié comme il avait eu plaisir à palper les tissus. « Lorsque ma grand-mère est morte, plus de couturière à la maison ; Ma mère s’habillait dans les meilleurs boutiques de la ville, mais je ne l’accompagnais jamais, elle estimait à juste titre que ce n’était pas ma place. Le souvenir m’en est revenu devant ces coupons et cet atelier de couture ».
Loula lui déploya alors les tissus en lui donnant les raisons qui orientaient son choix quand aux matières à façonner pour aider telle ou telle patiente. Ainsi s’imposait
le velours pour les écorchées vives, le satin pour celles en manque d’estime de soi, les lainages angora pour les phobiques sociales,et la soie pour les psychorigides.
Ceci était assez schématique, car il fallait aussi tenir compte des couleurs, du style vestimentaire et des accessoires. Pierre l’écoutait avec attention, et lui demanda alors ce qu’elle conseillait à ses patients masculins, pour qui les codes vestimentaires étaient plus stricts. Et Loula réalisa alors qu’elle n’avait jamais proposé à un homme ce type de thérapie ! Elle demanda à Pierre d’être son cobaye, à titre gratuit et amical. Et, second éclair, elle réalisa que c’est exactement cela qu’elle éprouvait pour Pierre :un fort sentiment d’amitié, même fraternel. Mais pourquoi ?
Je me permettrais de remarquer, comme vous avez dû le faire vous-mêmes, que les psychologues sont parfois comme les cordonniers et ne voient pas les évidences qui les concernent ! Un frère, le meilleur copain, l’alter ego de l’enfance avec qui on découvre la vie, l’allié de l’adolescence pour chercher ensemble les réponses aux grandes questions existentielles, celui qui aide à transgresser les interdits mais protège aussi des dangers, celui avec qui on partage les crises de fous rires et les crises de larmes, celui avec qui on se dispute pour mieux se réconcilier !
Voilà peut-être ce qui avait manqué à Loula et qu’elle cherchait chez un homme.
Il fallait vite, parce qu’on était dans l’urgence d’un mariage annoncé, qu’elle discerne l’amitié de l’amour, sinon elle risquait de graves déconvenues !

samedi 27 décembre 2008

Saut les ZouZous!

Voilà une formidable journée qui s'achève!
Moi qui redoute toujours un peu les réunions de famille,
j'ai eu le plaisir de revoir aujourd'hui frères et belles-soeurs,
neveux et nièce, et même deux adorables petits neveux.
je crois avoir pris le temps de parler à chacun, et de montrer
à tous l'intérêt et l'affection que je leur porte.
Cette rencontre a été possible grâce au soutien amical et inestimable de Maria,
une adorable copine qui m'a prêté son véhicule pour un transport de troupe
surnuméraire pour mon propre véhicule.
Et en lui ramenant sa voiture ce soir, je découvre qu'elle habite à coté d'autres
membres de la famille, mon parrain et son épouse. je décide de leur faire une visite
impromptue et j'ai le plaisir de voir mes cousines de passage pour les fêtes!
Oui, une formidable journée!
Trop souvent, les occasions de revoir la famille se cantonnent à de tristes
circonstances, où tout le monde s'oblige à rendre un dernier hommage
au défunt qui nous réunit, mais qui, bien sur, n'a pas le plaisir de voir
tous les siens autour de lui.
Alors, rencontrons-nous, rendons-nous visite, abusons de ces rendez-vous
festifs traditionnels, un peu "ringard" peut-être, genre galette des rois ou chandeleur,
barbecue, 14 juillet, anniversaires, promotions, et tutti quanti
bousculons-nous malgré la météo, la fatigue, le travail, la paresse pour ne pas
passer à côté de moments précieux, prévus ou pas.
Certes nous allons trop manger, trop boire aussi, dire des bêtises,rire trop fort.
Et pourquoi non?
PS: mais ne prenez pas le volant juste après , OK?

Rhube de cerbeau

05/10 De B. à V.

objet: invasion barbare
Dans la nuit de vendredi à samedi, j'ai été violemment attaqué par une armée de microbes déchaînés. Mes défenses naturelles ont lâché. Malgré la prise de médoc (pas le vin), la situation est très instable et des explosions ravageuses sont à redouter à tout instant. J'ai l'impression de porter en permanence un casque intégral et que mes sinus sont en liquéfaction. Bref, c'est pas brillant !Prochain bulletin dans la journée ...
05/10 De V. à B.

Objet : Programme ciné

Sur vos écrans ce dimanche, un nouvel épisode de "La guerre des étoiles" Alors qu'il s'apprêtait à recevoir la princesse Padmé Amidala sur sa planète, le vaisseau de Obi-Wan Kenobi est violemment attaqué par une force invasive inconnue. Malgré la détérioration des sinus de connection de son appareil, Obi-Wan réussit à transmettre un message codé à la princese, lui demandant de différer son arrivée. Mais le message est intercepté par les assaillants qui décident d'envoyer un clone pour que les forces de filtrages laissent passer le vaisseau de la fausse princesse. Pendant ce temps, Luke Skywalker qui était allé en émissaire chercher la Princesse, a reçu et décodé le message " rhube des foins, contagion,remettre approche" et comprend le danger. Il décide de mobiliser une armée de droïdes et de voler au secours de son armée, sans expliquer la cause de son départ précipité à Amidala. Obi-Wan voit donc débarquer la princesse dans son domaine sans se douter de l'imposture, ses défenses immunitaires étant affaiblies par l'invasion et ses circuits respiratoires fonctionnant au ralenti. D'autant plus que la Princesse n'est pas escortée de Luke, dont c'était pourtant la mission! Malgré sa faiblesse, il essaie de la recevoir du mieux possible et l'abrite au PC central de son unité informatique; La (fausse) Princesse joue les apeurées et refuse de se battre aux côtés d'Obi-Wan, préférant rester réfugiée pour espionner toutes les dernières innovations technologiques du PC, ainsi que les codes secrets utilisés pour correspondre avec chacun des peuples de la galaxie. ObiWan est un peu surpris et déçu du comportement d'Amidala, qu'il a connue plus combative, mais pense que l'âge a fini par la toucher aussi. Luke arrive alors et tente de prendre à revers les assaillants, toujours non identifiés, avec son armée de droïdes ralliés à la cause. Obi-Wan reconnaît le vaisseau de son ami mais, fâché de ce qu'il croit être un manque de loyauté envers la Princesse, ne cherche pas à communiquer avec lui. la bataille est rude mais les forces alliées prennent les ennemis en étau et ils doivent capituler. On découvre alors que ces envahisseurs sont des bactéries humanoïdes qui ont la faculté de détruire les circuits intégrés en les liquéfiant. Obi-Wan craint pour la vie de celle qu'il croit toujours être la vraie Princesse, car il n'a toujours pas parlé avec Luke, et se précipite au PC avec un traitement anti-bactérien. l'espionne a réussi à relever tous les renseignements nécessaire à l'invasion générale de la galaxie, et décide de l'éliminer par des baisers mortels. Obi-Wan se laisse aller dans ses bras et pris de frénésie sexuelle malgré son état, relève les pans de son manteau. Il découvre alors la supercherie! Les désigners du clone ont omis de respecter scrupuleusement la morphologie de la vraie Princesse et se sont abandonnés à leur propre fantasme: c'est une blonde à forte poitrine! A ce moment Luke fait irruption et tue le clone de son sabre laser! Malheureusement, Obi-Wan a été infecté et un traitement approprié d'urgence s'impose afin d'éviter le trépas! Les communications ayant été rétablies, Luke peut contacter la Princesse Amidala et lui expliquer la situation. Il viendra la chercher dès que la santé ne Obi-wan sera complètement rétablie et ne mettra sa propre vie en danger.Que la force soit avec toi!
05/10 De B. à V.
Berci !J'adore !!!T'es un chou !Bisous

mercredi 24 décembre 2008

JOYEUX NOËL

Un petit jeu:
rendre à chaque langue sa traduction de "Joyeux Noël"

BENGALI
GAÉLIQUE D'IRLANDE
TAHITIEN
VIETNAMIEN
ESTONIEN

Mừng Chúa Giáng Sinh
ia orana e te noera
häid jõule
Nollaig shona
subho baradin

Un des épisodes bibliques que j'avais du mal à comprendre
enfant, était celui de la Tour de Babel.
Je trouvais que la multiplicité des langues était une lourde
peine infligée aux humains pour leur orgueil.
(D'autant plus que je n'étais pas douée pour les langues étrangères...)
et je croyais que les guerres entre nation venaient principalement
de cette incompréhension linguistique.
J'ai bien sur perdu mes illusions enfantines depuis
et compris que les humains savaient très bien trouver
des langages communs pour négocier:
l'argent se conjugue dans toutes les nations de la même couleur....
Puisque c'est Noël, temps de chaleur familiale,
de trève pacifique, de partage et d'unité,
laissez-moi croire que tous les peuples du monde
pourraient s'accorder sur autre chose que deux mots traduits.
Et pourquoi non?

mardi 23 décembre 2008

les caprices du temps

27/09 De V. à B.
Si vous êtes de ces personnes qui allument la radio dès le matin pour savoir ce que le ciel leur réserve, sachez que la météo et l'horoscope ont ceci en commun: une humeur variable et versatile. Ainsi, "possibilités d'averse" ne doit pas vous empêcher de prendre vos lunettes de soleil, "ciel dégagé" d'emporter votre parapluie, "passages nuageux" d'amarrer vos pots de fleurs, "brise légère" de vous tartiner de crème solaire. De même, "attention à votre foie" ne doit pas vous priver de chocolat, "rencontre intéressante" de vos 3h de film bollywoodien devant votre lecteur DVD, " souci financier" de carboniser votre CB rue St Fé, "dispute en vue" de rencontrer vos amis. Vous POUVEZ maîtriser votre vie grâce à la zénitude!
Donc, partez assister à un spectacle de théâtre de rue même s'il gèle (vendredi) ou s'il bruine (samedi), participez à un groupe de parole, surtout si vous n'aimez pas parler, faites un barbecue au mois d'octobre, dormez le jour (sieste) et travaillez la nuit (insomnie), laissez grandir votre troène bonzaï pour remplacer un cyprès malade de votre haie, n'allez pas travailler le matin en semaine et bossez le dimanche, slalomez à la nage entre les icebergs du lac, remplissez les mots croisés de Télérama en regardant les solutions, lisez des recettes mais ne les suivez pas, et pour finir en beauté, passez un temps fou devant l'ordinateur à écrire des bêtises!
28/08 De B. à V.
J'apprécie toujours autant toutes les bêtises que tu prends le temps de "frapper" sur ton pc ! Même si parfois la lecture entre les lignes n'est pas toujours évidente et reste sujette à nombre d'interprétations parfois douteuses !!!
Tâchons de rester dans la zénitude !Plein de bisous ...

Chapitre 13

A ce niveau du récit, vous vous dites que je vais vous présenter un après l’autre
les prétendants de Loula et que je vais évidemment garder le bon pour la fin.
Que nenni, braves gens, un peu trop simpliste comme scénario. Le fait d’avoir trois fois l’âge de la demoiselle ne me classe pas encore dans les séniles. Et vous connaissez mon avis sur les tests d’aptitude… Foncer, telle est ma devise, et je préfère de la casse, du courant d’air que des atermoiements « j’y vati, j’y vati pas »
Je dois quand même reconnaître à la décharge de Loula, qu’elle a du cran cette petite, et que rencontrer ces inconnus, même triés sur le volet selon des critères plus ou moins avouables lui accorde un certain mérite. Elle est même excusable de s’accorder un garde-fou avec THE questionnaire, une sorte de parachute de secours, puisque de toute façon son opinion était faite avant la lecture des résultats, qui ne faisaient que confirmer son jugement personnel.
Mais voilà donc que Loula décida d’inverser le processus et demanda aux derniers prétendants de lui communiquer leurs réponses avant leur rendez-vous. Elle ne désirait pas évincer la rencontre mais être avertie du genre que pourrait prendre celle-ci. Elle avait tout à fait le droit, se dit-elle, de profiter seulement d’une sortie sans se perdre en conjonctures sur un avenir matrimonial qui s’avèrerait impossible. Et puis cela enrichirait son catalogue psy de spécimens originaux. Tant pis si elle coiffait Ste Catherine, elle raffolait des chapeaux !
Elle découvrit alors que Pierre était un fade 10a* (casanier routinier) et elle l’imaginait en chemise et pull ras-de-cou, dans les tons les plus neutres possibles.
Le pauvre Olivier n’avait également aucune chance avec des réponses catastrophiques à toutes les questions (Par exemple le 1b*** = homme figé dans des stéréotypes sexués) et un 13d** rédhibitoire (machiste traditionnel)
Jérémie, en revanche partait gagnant avec un formidable et idéal 12c***.
Forte de cette analyse, et ne voulant vexer personne, elle convia d’abord Olivier, puis Pierre, se gardant Jérémie pour ce qui, selon elle, devait être l’apothéose, le « last but not least »rendez- vous.

lundi 22 décembre 2008

Plage d'un soir

La poudre de diamant étincelle les dunes,
J'écrase sous mes pieds des éclats de miroir.
Le temps s'enfonce, doux, dans un rayon de lune.
Le vent raconte au ciel les murmures du soir

La chaleur frissonnante éteint ses bras de feu.
Le grondement de l'eau s'apaise en cercles lents.
Des plumes attardées crient leur lancer de jeu
Sur le tapis vermeil du soleil déclinant.

Que la robe d'écume est soyeuse à porter...

Bon anniversaire!

On tourne autour du pot pendant 364 jours
(365 les heureuses années bissextiles!)
et puis on finit par tomber dedans.
Certes, le dicton dit que
"C'est dans les vieilles marmites
que l'on fait les meilleures soupes "
Encore faudrait t-il s'accorder sur le sens de "soupe"
Au ski, par exemple, cela ne correspond pas à la neige idéale!
Au cinéma, la soupe ou la daube sont cuisine de navets!
Au rayon beauté, un gros plein de soupe n'est pas un canon!
Au sens psychologique, être soupe au lait n'est pas un compliment!
Et la soupe à la grimace non plus!
Au sens militaire la soupe est synonyme d' explosif, danger!
"Par ici la bonne soupe!" pourrait être mélioratif...
mais vous donne une valeur vénale!
Et je dois encore citer ceux qui crachent dans la soupe (!)
et la soupe populaire, qui n'est pas de grande classe.
Alors, puisque soupe je dois être, je choisis d'être
celle d'un heureux souvenir d'enfance:
la soupe de floraline où la noisette de beurre fondait délicieusement,
ou encore la soupe de petites pâtes rigolotes en lettres d'alphabet,
Mais pour ce soir, exceptionnellement, je serais une soupe de champagne!
Et pourquoi non?

samedi 20 décembre 2008

Objet : Enquête Site de Rencontres

26/09 De V. à B.
Cher monsieur B.
nous savons que vous avez rencontré il y a quelques semaines Melle V. sur notre site.
Nous vous remercions de consacrer quelques minutes de votre temps à notre enquête
1/ votre 1er rendez-vous a eu lieu
-dans un café - au restaurant -dans une boîte de nuit -chez vous -chez elle
2/ ce 1er RDV a été suivi d'un autre
OUI, continuez NON, questionnaire terminé
3/ par rapport au profil consulté, votre 1ère impression a été
- décevante - satisfaisante -mitigée
4/ vous revoyez cette Melle
- régulièrement - de loin en loin - presque jamais
5/ vous êtes déjà parti en voyage/week-end/vacances avec elle
OUI NON
6/ vous avez envie de partir en week-end/voyage/vacances avec elle
OUI NON
7/ quand vous ne la voyez pas de quelques temps, cela vous manque
-pas du tout - un peu -beaucoup
8/ la relation que vous entretenez vous suffit
- pas du tout -assez - pleinement
9/ vous pensez avoir trouvé votre équilibre sentimental
OUI,plutôt OUI, tout à fait NON, pas trop NON, pas du tout>
10/ vous pensez
- développer cette relation - garder cette relation ainsi - arrêter cette relation - retourner sur notre site
11/ si vous deviez exprimer un sentiment global depuis cette rencontre, vous diriez que vous vous sentez
- moins heureux - aussi heureux - plus heureux
12/ si vous aviez un seul compliment à faire à Melle V. ce serait ..............................................................................................
13/ si vous aviez un seul reproche à faire à Melle, ce serait ..............................................................................................
14/ pensez-vous que notre site soit un moyen efficace de rencontrer la partenaire idéale
- pas du tout - plutôt non - plutôt oui - absolument

Sachez que Melle V. recevra le même questionnaire et que vous pourrez comparer
vos réponses, si vous le voulez.
L'équipe du plus mythique des Sites de Rencontres

26/09 de B. à V.
Très fort !!! Oui, Oui, vraiment très fort !
On en reparle Bisou

mardi 16 décembre 2008

Chapitre 12

La semaine suivante, Loula rencontra Florian. 35 ans, le cheveu impeccablement lissé,le nœud papillon rigoureusement parallèle au col cassé, la redingote tombant aussi droit qu’un fil à plomb, il lui ouvrit galamment la porte de la Bentley familiale
et l’emmena dans le restaurant le plus réputé de la ville. Tentures de velours rouge, nappe damassée, chandelier d’argent, verre de cristal et lourds couvert armoirés, maître d’hôtel obséquieux, menu gastronomique, vin capiteux, musique classique
en fond sonore semblèrent le décor idéal au jeune homme pour dérouler la longue lignée de ses ancêtres, qui remontait tout de même à la 1ère croisade. Il lui parla de ses terres où il s’adonnait à l’élevage de purs-sangs, qu’il présentait aux concours hippiques où il excellait. « Mère » vivait retirée dans ses appartements (aile droite
du château), inconsolable de son veuvage depuis que « Père » avait sombré en
mer à la barre de sa corvette. Il occupait, lui, l’aile droite, au-dessus des communs
où vivaient la cuisinière et sa fille. Le corps du bâtiment, orné d’un magnifique escalier de style renaissance, était ouvert au public « pour l’élévation du niveau culturel du peuple » et la reconnaissance de la grandeur familiale au travers de
la remarquable galerie des ancêtres, d’une chambre où Monsieur, frère du Roi
Louis XIV avait séjourné et de nombreuses remarquables pièces authentiques.
Le régisseur, qui demeurait dans le corps de ferme avec sa famille et les valets, supervisait le soin du vignoble et la production d’un cru classé.
Loula se disait que toutes les petites filles avaient un jour rêvé d’être princesse,
et que le marquisat siérait déjà bien à son teint pâle… Florian avoua qu’étant le dernier de la lignée, « Mère » condescendait à ce qu’il épousât une roturière qui puisse donner de solides et fiers rejetons à leur arbre généalogique. A ce sujet, si Loula, toute séduisante, intelligente, distinguée qu’elle fût, consentait à effectuer quelques examens médicaux en préambule à toute union reproductrice……
Loula se vit mal en pouliche, même titrée, et demanda à reprendre le carrosse
pour regagner son humble domicile. Elle n’était pas en colère, mais un peu
vexée et fit des confettis du questionnaire où le 7b* lui confirma que l’on pouvait
être aristocratique et rustre à la fois. Au suivant !

dimanche 14 décembre 2008

Mises au point

L'année arrivant bientôt à sa fin, quelques mises au point me semblent nécessaires.
La rubrique "elleet lui.com" est pure fiction, n'en déplaise au petit malin qui croit avoir reconnu...., et ma copine Valérie m'a bien volontiers autorisé à broder sur ses aventures sentimentales.
Je finirai l'histoire "Oh la la Loula" parce que moi aussi j'aimerais bien en connaître
l'issue (!) et puis j'arrêterai de publier sur le blog
Il y a une certaine vanité à penser que mes délires personnels puissent intéresser
d'autres que ma petite personne. Or, cela ne correspond pas du tout à mon caractère.
Mais je remercie bien sur ceux qui ont eu la gentillesse de venir me lire!
Je vais donc cesser ce nombrilisme inutile, qui me demande beaucoup du temps
dont je manque en général!
Et pourquoi non?

jeudi 11 décembre 2008

24/09 De B ; à V.
Grâce à ma V. préférée et à ses doigts de fée, ma nuit fût douce, sereine et réparatrice.Faudra que tu passes tous les soirs !!!A ce soir donc ...
25/09 de V. à B.
L'Agence de Massage "Viva Thaï" est heureuse d'apprendre
que vous avez été satisfait de sa prestation. Elle espère que votre repos
aura également contribué à l'atténuation de vos douleurs stomacales
et de votre stress de surmenage.Elle se permet de vous suggérer
plus de douceur, plus de tendresse et plus de câlins…………………………..
dans votre régime alimentaire.Prenez-soin de vous,
car votre valeur est inestimable pour tous ceux qui vous aiment.

mardi 9 décembre 2008

Chapitre 11
Dans la sélection préliminaire, on trouvait un Olivier, un Pierre,
un Martin, un Florian et un Jérémie. Il fut convenu que chacun inviterait
Loula dans une restaurant de son choix et qu’il lui remettrait alors le
questionnaire-test préalablement rempli.
C’est avec Martin que Loula inaugura sa chasse au trésor. 32 ans,
grand, athlétique, la dentition parfaite, le brushing soigné, les ongles
manucurés, le costume de marque bien coupé et les chaussures italiennes.
Une magnifique montre ornait son poignet droit et une fine gourmette de
platine le gauche Il vint la chercher en cabriolet décapotable, jantes alliage
et siège en cuir et l’emmena dans un nouveau restaurant lounge où sa boite
de designer organisait les fins de stage de management ou les happy end des contrats. Il lui proposa un drink avant le lunch, et lui expliqua les objectifs
de sa boîte, les enjeux, le chiffre d’affaires, les concepts in , sur un ton fort plaisant ; Son sourire étincelait chaque fois que Loula riait à ses remarques, surtout celles en anglais, et il semblait ravi de trouver en face de lui une fan des US, de leur mode de vie et de leur mentalité de gagnant. Il allait à New-York une fois par mois pour gérer sa succursale « French Connection » et se proposa de l’emmener le mois prochain,
« Exactement le 10, ma secrétaire vous prendra un billet » dit-il en regardant son agenda électronique.
Le diner fut tout à fait agréable, si on oublie les dix appels reçus, les trois
mails envoyés, les shake hand aux habitués du coin, les bises aux habituées
du coin,et les grands saluts de la main aux connaissances.
Il la ramena chez elle, fort satisfait de sa soirée et lui glissa sa carte
professionnelle au verso de laquelle il avait écrit ses réponses au test.
Il l’embrassa au creux du cou et lui chuchota « Call me now ».
Loula remonta chez elle en pouffant de rire, se demandant s’il était aussi « speed » pour tout… et répondit aux interrogations plus ou moins muettes de la tribu que c’était « Cool ! ». Puis elle alla dans sa chambre et ne fut pas étonnée de découvrir entre autre un 6c** ; Martin était charmant physiquement, mais sa vie tournait bien au-dessus des limites autorisées ; c’était au mieux le divorce pour cause de décalage horaire, au pire le veuvage pour infarctus. Au suivant !

vendredi 5 décembre 2008

Jour de vent (2)

Je suis feuille évadée de ma prison de bois
Plus rien ne me retient, je me laisse porter
Des hauteurs d'un nuage aux pointes d'un rocher
En riant du plaisir à bousculer la loi

Je me pose un instant pour crayonner le sol
De mes fauves couleurs. Puis je repars encore,
Ivre de liberté à en perdre le nord
Pour danser dans le ciel mon temps de farandole.

Je finirai dentelle à trame de nervures
Où recroquevillée de froid dans un fossé
La pluie m'empêchera un jour de voyager
Alors je vis l'instant, je sais que rien ne dure.

jeudi 4 décembre 2008

Panne informatique

21/09 de V. à B.
On signale une panne informatique sur le site de B. qui empêche
toute émission de mail vers MSN, à la grande déception de Melle V.
qui ne trouve RIEN dans sa boîte à lettres après une dure journée
de travail de 10h non stop....
On soupçonne le gang des blondes à forte poitrine d'être à l'origine d
e cette contrariété. La police s'active et les mesures de représailles
devraient être sévères....
22/09
Panne, empêche, grande déception, rien, dure journée, gang,
contrariété, police, représailles, sévère !
Quelle négativité, pour ne pas dire agressivité ...
Il faut PO-SI-TI-VER !!!
Tu aurais pu écrire :
« Pauvre garçon, trop occupé par son travail et sa formation,
il n'a même pas pu écrire un mot à sa V. préférée.
Bisous mouillés
RECTIFICATIF
23 /09« Pauvre garçon, trop occupé par son travail et sa formation,
il n'a même pas pu écrire un mot à sa V. préférée! »
Espérons qu'il sera un peu plus libre ce soir pour se faire câliner
après sa dure journée de labeur - et qu'il aura le temps de prévenir
par phone avant la nuit... Mille volts de bisous à l'huile sèche!

jeudi 27 novembre 2008

Las!

Ô rage,ô désespoir, ô vieillesse ennemie!
L'automne est déjà là et les fleurs sont flétries.
Je n'ai pas vu filer les bas de ma beauté
Que les fines aiguilles ne peuvent repriser.
Hier encore je tenais par la main des tout petits
Pour les accompagner jusqu'au bord de la vie,
Et les voilà soudain à construire un foyer,
A parcourir le monde, à tisser leur métier.
Je n'ai pas profité des annes d'insouciance,
Plus livres et bureau que les pistes de danse
Pour occuper mes jours, mes soirées et mes nuits.
Ne pas perdre de temps, pouvoir gagner ma vie,
Obtenir mon diplôme et enfin exercer.
J'aimais beaucoup Rimbaud, j'aurais dû l'écouter
Teinter de fantaisie mes sérieux dix-sept ans.
On ne l'a pas voulu, je n'en ai eu le temps.
Le printemps plus jamais ne reviendra, tant pis,
Surtout que dans mon coeur je n'ai jamais vieilli.

(Pas très gai tout ça, je sais, mais j'approche de ma date anniversaire
et mon moral à tendance à descendre avec la température!)

mardi 25 novembre 2008

Marmottage

Les premières gelées sont là, avec un peu d'avance sur la date hivernale officielle.
Cela ne change pas grand chose au rythme de vie, sinon prévoir dix minutes
de plus le matin pour gratter les vitres.
Les oiseaux migrateurs sont repartis vers des contrées plus chaudes,
le chat a rallongé ses heures de sieste, mais nous, les petits bonhommes,
ont continue comme si de rien n'était à sortir au froid pour aller chasser,
enfin je veux dire pour aller gagner notre subsistance et celle de nos familles.
Il me sembleavoir entendu que l'espèce humaine se plaçait au-dessus de
tous les autres animaux, par son intelligence et sa faclté d'adaptation.
Effectivement, on n'a jamais vu un ours avec un téléphone portable,
un loir pianotant sur un clavier d'ordinateur, une taupe sondant l'espace,
un hérisson découvrant un vaccin, une chauve-souris peignant un plafond
de chapelle ou un hamster sculptant une fontaine.
Mais tout de même, avouons-le, on aurait parfois bien envie d'être moins
humain et plus marmotte quand arrive le froid!
Et pourquoi non?

dimanche 23 novembre 2008

Au gré du vent (1)

Tout se meut
bruisse, craque, grince, gémit.
L'horizontale disparaît
et tourbillonne joliment.
Un trait blanc de passage
strie l'argent bleu du ciel.
Des serpentins de chevelure
s'emmêlent au rouge baiser.
Parfois, une jonglerie de poussière
clôt brusquement les yeux.
Alors, peut-être, on vole aussi ...

samedi 22 novembre 2008

Météo

19/09 De V. à B.
Chers téléspectateurs,
le week-end est enfin là après une dure semaine de labeur
et vous voudriez savoir quelle sera la couleur
de votre ciel et de vos routes.
Voici donc nos prévisions:
vendredi soir: malgré une éclaircie téléphonique en fin d'aprés-midi,
la route médicale sera trop encombrée pour vous laisser le loisir d'une sortie.
samedi : le golf sera au vert et le lac au bleu, avec une légère brise solitaire.
Toutefois, vous serez à même de vous promener
sur le chemin du bricolage ikéa.
dimanche : matinée de plume et de couette,
dégagée ensuite par une mini tornade blanche baptisée V.
La route dominicale assurément remplie de rires et de câlins.
Une fine pluie dont il vous faudra parler tombera en fin de soirée
pour arroser votre écran de ciné.
Tous nos voeux pour un agréable repos!.
19/09 De B. à V.
Merci ma Zouzoune pour ces prévisions
météore Ho ! logiques
Bonne soirée
Bisous

mercredi 19 novembre 2008

Chapitre 10

Chapitre 10

Et le questionnaire de Loula s’étendait donc ainsi dans des ramifications
aussi complexes que son cerveau créatif. Je vous fais grâce de la suite.
Je suis toujours étonné de voir des personnes s’adonner aux plaisirs
des tests psychologiques, que ce soit ceux des magazines papier ou
sur internet. J’ai constaté que les femmes étaient en général très friandes
de ce type de questionnaires. Quant à moi, je ne vois aucun intérêt à
connaître ma couleur intérieure, l’âge de mon totem ou le sexe de mes
principes ! Et, en parlant de sexe, je me ris de toutes les analyses
moi-toi-nous pour l’harmonie et l’épanouissement du couple. C’est bien
un truc de « bonne femme » de se regarder le nombril ou la foufoune
pour savoir si ça fonctionne bien et si ça pourrait mieux fonctionner !
« Bien dans mon slip, bien dans ma tête », voilà la devise d’un homme viril.
Oui, c’est égoïste, oui, c’est réducteur, mais qu’est-ce que c’est bon !
On ( quand je dis « on », je veux dire « elles »)ne peut pas nous demander
d’un côté d’être un tigre dans la jungle sociale et de ramener le meilleur job,
le meilleur salaire, le meilleur statut, et de l’autre d’être émotif, sensible,
et délicat. J’ai choisi et j’assume d’être un macho man.
De toute façon, comme ce n’est pas moi, heureusement, qui suis soumis
aux arcanes prédictives de Loula, je peux continuer le récit.
Après avoir donc mis au point sa propre stratégie sélective, Loula
annonça aux marieuses qu’elle était prête à rencontrer ceux qu’elles
auraient préalablement choisis comme maris potentiels.
Il va sans dire que celles-ci n’avaient pas attendu son feu vert pour
se mettre en chasse, et une liste de prétendants avait déjà été dressée,
avec l’aide de tout le réseau familial, social et amical.
De longues discussions avaient ensuite donné lieu à un tri sévère
« Ah non, quand même pas un entrepreneur de pompes funèbres ! »
« Moi vivante, un huissier ne passera pas cette porte ! »
« Une coquetterie, passe encore, mais un strabisme aussi prononcé,
juge d’instruction ou pas, c’est irrecevable ! »
Loula laissait agir les spécialistes, elle avait fort à faire à son cabinet
où une nouvelle patiente avait réalisé que son style gothique était
certainement la source de ses idées noires et comptait sur une
psychothérapie pour lui transformer extérieur et intérieur, tout en lui
conservant son côté original et sa personnalité hors norme.
Loula travaillait donc au passage du gothique au baroque
et ce défi à relever occupait déjà bien assez ses journées.
Toutefois, il arriva un jour où la sélection fut définitivement arrêtée.
Coïncidence d’heureux auspices, ce fut aussi le jour
de la première sortie de sa patiente en falbalas fort colorés de costume
d’opéra. Loula fut ravie de ce succès thérapeutique, et se sentit alors
tout à fait disponible pour examiner d’un œil ouvert et optimiste les
identités des hommes parmi lesquels se trouvait le futur élu.

mardi 18 novembre 2008

Tire la navette et ma bobinette chèra

NAVETTE: nom féminin
1 Bobine allongée que l'on passe dans un sens
puis dans l'autre entre les fils pour tisser
Ex: la navette volante est lancée par un mécanisme
2 Petit car, train ou bateau qui fait l'aller et retour
régulièrement entre ces deux endroits
Ex: il y a une navette Aix- Marseille toutes les 10 minutes
3 Un engin capable d'aller dans l'espace et de revenir
Ex: la navette spatiale française s’appelle Ariane
4 Petit biscuit sec en forme de barque
Ex : la bénédiction des navettes à Marseille
5 Mére de famille laborieuse écumant les rues
en aller et retour
domicile-gare-
Ex: "Peux-tu venir me chercher à la gare ce soir,
j'ai mes livres et c'est lourd!"
domicile-coin perdu-
Ex : « S’il te plait, c’est une soirée hyper importante,
mais pas de bus pour rentrer après 23h… »
domicile-supermarché
Ex : « Il y a RIEN à manger ! »
On remarquera que NAVETTE est un mot
exclusivement féminin,
(le mot NAVET ayant une toute autre signification)
On remarquera aussi que les pères sont en général
trop débordés, eux, pour ce genre de transport.
On les soupçonnera d’ailleurs d’en être satisfaits.
On arrivera même à les envier.
Et pourquoi non ?

lundi 17 novembre 2008

Spoir

Les bateaux s'envolent de leurs ailes blanches,
des cerfs-volants se battent avec des cris joyeux,
les planeurs dessinent le ciel en arabesques musicales,
les feuilles se croient déjà en automne
et pourtant la poussière du sable est tiède encore de soleil
Quelqu'un m'a dit de ne pas croire que la vie n'était que vent...

dimanche 16 novembre 2008

QUIZZ

05/09 De V. à B.
Ce petit QUIZZ a été proposé aux invités du vernissage
(où Melle V. n’a pas été conviée sous prétexte
que Melle Agnès B. l’était déjà),
avec à la clé,par tirage -au sort,
un tirage – photo du talentueux artiste.

poser un bouquet
surexposer les armes
reposer des couleurs
composer une solution
déposer une photo
juxtaposer pour la postérité
proposer une théorie
exposer une question
proposer une théorie

05/09 de B. à V.
tro fassil ! té pa o li ?
fo fer dodo !
si tu dor pa apel moi

vendredi 14 novembre 2008

Chapitre 9

Voici un questionnaire de personnalité,
chaque option vous dirige vers la question suivante

En rentrant le soir à votre domicile vous allumez
1/une cigarette 2/ la cheminée 3/ la télé 4/ des bougies5/ la radio

Si vous avez choisi l’option 1
a) une brune
b) une blonde
c) un cigare
d) un joint
Si vous avez choisi l’option 2
a) le feu est préparé
b) vous allez chercher du bois
c) vous allez couper du bois
d) elle fonctionne au gaz
Si vous avez choisi l’option 3
a) sur TF1
b) sur Arte
c) sur Canal plus
d) sur FranceTélévision
Si vous avez choisi l’option 4
a) anti-tabac
b) anti-stress
c) anti-moustique
d) anti-odeur

Si vous avez choisi l’option 5
a) jazz
b) classique
c) rock
d) info

Vous associez quel mot à votre choix ?

Si vous avez choisi l’option 1a
* belle
** bonne
*** chic
**** sexy

Si vous avez choisi l’option 1b
* belle
** bonne
*** sexy
**** caractère

Si vous avez choisi l’option 1c
* bon
** viril
*** solitaire
**** riche

Si vous avez choisi l’option 1d
* planer
** fuir
*** transgresser
**** imiter

Si vous avez choisi l’option 2a ou 2b
* prévoyance
** sécurité
*** ordre
**** habitude

Si vous avez choisi l’option 2c
* spontanéïté
** exercice
*** étourderie
*** habitude

Si vous avez choisi l’option 2d
* propreté
** facilité
*** modernité
**** maîtrise

jeudi 13 novembre 2008

Recette

Grosse fatigue
Prenez une journée de 24h
Réservez 8h de sommeil
Malaxez 8h de travail avec 1h de trajet
Prévoyez 1h d'ordinateur
Saupoudrez de 1h d'activités domestiques
Ajoutez 1h de préparation culinaire et repas
Mitonnez 2h de télévision ou vidéo
Gardez 1h de lecture pour la sauce
Décorez avec 1h de temps libre pour fumer, rêver, discuter
Vous obtenez une grosse fatigue, que vous pourrez dégustez le w-e
Vous pouvez en cuisiner régulièrement jusqu'aux prochaines vacances
car la grosse fatigue se conserve très bien
et peut se manger aussi réchauffée
Bon appétit!
Si vous trouvez la préparation indigeste,
alors qu'elle est pourtant bien en dessous
du régime hyperlaborieux préconisé
par nos instances supérieures,
vous pouvez toujours vous inscrire
en contestataire
Et pourquoi non?

mercredi 12 novembre 2008

Vocabulaire

04/09 De V. à B.
TIRAMISU se traduit littéralement de l'italien "tire-moi en haut"
et plus poétiquement "emmène-moi au ciel ».
C'est un dessert à base de biscuits imbibés de café et de liqueur,
sur lesquels on étale une couche de mascarpone, saupoudrée de chocolat.
Tellement délicieux, ce dessert donne l'impression de monter au paradis
des délices gourmands, d'où son nom très imagé.
Une part de Tiramisu servi au restaurant est assez copieuse pour être dégustée à deux,
les deux convives partageant alors ensemble ce délice.
La conséquence en est que le couple a alors envie de prolonger ce plaisir
par un rapprochement corporel et sensuel qui emmène au ciel les amants,
non plus dans une métaphore culinaire mais dans une réalité divinement érotique...
La gourmandise étant fort loin d'être un vilain défaut quoi qu'en dise l'adage,
il sera difficile aux amants de se séparer après ce dessert, et seul le devoir professionnel poussera la dame hors du lit de son chéri alors qu'elle n'aura que l'envie de se blottir contre lui. Heureusement, la dégustation de Tiramisu ne connaît aucune limite, bien au contraire,
elle est recommandée par le corps médical, et il est tout à fait possible d'en consommer
encore le vendredi si vous en avez dégusté le mercredi
(sauf cas exceptionnel d'exposition photo et de confidences de copine)

05/09 De B. à V.
Pour la 2ème ration de "tire moi en haut", on peut peut-être attendre jusqu'à samedi ...

mardi 11 novembre 2008

"La DER des DERS"

A vous tous, jeunes gens qui n'avaient pu
devenir ,aimer, engendrer, construire, inventer,récolter ,
PARDON
A vous tous, jeunes hommes qui n'avaient pu
aimer votre compagne et voir grandir vos enfants,
PARDON
A vous tous, hommes d'âge, qui n'avaient pu
récompenser votre vie de labeur
PARDON
Quelques gerbes une fois l'an, pour dédouaner notre mémoire,
pour blanchir notre conscience de la saleté de l'oubli
"Der des ders" vous disiez...
Et nous, on continue à préférer les armes aux épis,
les obus aux fruits mûrs, les torpilles aux étoiles de mer.
Attention, pas chez nous, tout de même!
Les vastes plaines des tranchées ondulent de vert à nouveau.
Et rien n'est plus beau qu'une frontière ouverte
MAIS
il y a toujours trop de gosses qui tiennent des fusils
et qui ne connaîtront pas demain
il y a toujours trop de béquilles, de moignons, de regards vides
qui insultent la merveille de la naissance
il y a toujours trop de sang, d'humeurs, et de gangrène
qui empestent les pétales des roses
SURTOUT
il y a encore trop de colère et de vengeance
pour justifier des violences barbares
on ne prie pas un dieu avec des mains sanglantes
on ne crée pas un peuple sur un monceau de crânes
on ne trace pas un pays avec des traits de feu
PARDON
à vous qui saviez que la guerre était théâtre de pantins,
à vous qui aviez compris que vos vies de marionnettes
ne tenaient qu'à un fil, celui des idées fixes,
du plomb des fusils, et de l'acier des canons,
à vous, englués dans la toile boueuse et sordide
des araignées d'argent voraces et imbéciles
qui punissaient de mort ceux qui ne voulaient plus mourir
Il y aura toujours des soldats,il y aura toujours des guerres,
parce que la nature humaine n'est pas d'amour seul faite,
et c'est comme ça.
Et que les gens qui font de leur vie la garantie de la nôtre
méritent le respect.
Mais il y a des idéaux ou des causes plus justes
à défaut d'être propres
Et donner sa vie pour engraisser de chair à canon
un gros plein de fric n'en fait pas partie

On pourrait peut-être rappeler votre sacrifice cruel
en cessant de créditer le compte des marchands de mort?
Et pourquoi non?

dimanche 9 novembre 2008

Floraison

Mon arbre de papier
fleurit de métaphores
Mon encre les butine
Je récolte parfois
le fruit âcre et sucré
d'un poème

vendredi 7 novembre 2008

Chapitre 8

Quels furent donc les judicieux conseils prodigués à Loula en matière de choix
du mari idéal ? Et dans quelle mesure, d’ailleurs, la participation de Loula à l’élection d’un époux serait sollicitée ? Il ne vous a pas échappé que c’était la mère de Jane-Hélène qui lui avait « dégotté » un mari, de même que sa propre mère lui en avait trouvé un auparavant, de même que sa propre grand-mère en avait sélectionné un pour sa fille, et ainsi de suite en remontant l’arbre généalogique des Galanis.
Puisqu’il s’agissait de l’acte sacré de perpétuer la branche féminine de l’espèce, chacune s’en remettait aux critères de sélection familiaux. Un panel de prétendants était ensuite proposé à la jeune fille qui avait la liberté de la décision finale. C’était donc de ce dernier tour des élections que s’inquiétait Loula. Mais nous n’en sommes pas encore là, et revenons à notre tri sélectif primaire.
L’homme devait être d’un bon milieu social (petite ou moyenne bourgeoisie industrielle, famille d’artiste renommée, lignée notariale, médicale ou pharmaceutique) pour éviter les conflits politiques et les soucis financiers ;
de même religion, mais les non-pratiquants assidus étaient acceptés, et de même type européen, pour éviter les conflits socio-ethniques ; d’une formation solide, de niveau universitaire au minimum, pour éviter les conflits culturels.
Il était hautement souhaité qu’il soit fils unique, et si possible orphelin, pour éviter l’intrusion d’une autre ligne directrice dans la conduite des affaires familiales.
Il arrivait donc indéniablement que des célibataires tranquilles , « vieux garçons » patentés soient la cible des manœuvres séductrices de ces femelles de proie, ne puissent résister au chant des sirènes, trouvant finalement leur compte dans un dévouement total des femmes du foyer à leur bien-être matériel,(car épouser une Galanis impliquait d’accepter toutes les autres à domicile), la présence d’une belle femme à leur bras quand il fallait se montrer dans les cérémonies officielles locales, la décharge totale des soucis de gestion d’intendance, la paix totale pour s’adonner à leur hobby personnel, et la fierté de procréer un magnifique rejeton (femelle).
Mais attention, il fallait que le monsieur soit suffisamment bien de sa personne pour que la beauté et la santé physique de la lignée soit conservée et même améliorée !
Il ne s’agissait pas de se rabattre sur de chétifs avortons abandonnés sur le bas-côté de la route matrimoniale, mais plutôt de jeter son dévolu sur des célibataires qui n’avaient pas en fait cru nécessaire jusqu’à présent de s’abandonner aux joies du mariage, ce qu’il importerait donc aux marieuses de lui faire découvrir par de subtiles stratégies séductrices, jusqu’à adhésion complète au projet.
Stature suffisante, dents parfaites, aucune maladie congénitale ou tare génétique, peu importait en revanche la couleur des cheveux ou des yeux puisque de toute façon, l’enfant serait brun aux yeux bleus.
Et le caractère ? Si l’homme avait déjà supporté toutes les manœuvres d’approche, toutes les questions insidieuses, tous les examens suspicieux, toutes les enquêtes directes ou indirectes à son sujet, il était forcément de bonne composition et saurait se plier aux figures imposées des us et coutumes du matriarcat.
Mais la décision finale appartenait tout de même à la principale intéressée, et c'est donc sur ce point capital que Loula désirait quelques lumières.
On lui suggéra donc d’élaborer un questionnaire qui permettrait de cerner au mieux la personnalité du prétendant dans ses petites lignes, les grandes ayant déjà été posées au préalable par la sélection familiale.
De formation scientifique, ne l'oublions pas, Loula dévalisa le kiosque de son quartier de tous les magazines féminins, masculins et gays, pour se constituer un corpus de tests "psychologiques"
Elle établit des parallèles et des croisements, releva des incontournables et des inutiles, découvrit des insoupçonnables et des évidences. Elle utilisa des tableaux et des graphiques, des couleurs et des formes géométriques, batailla de longues heures avec toutes ces données et créa ce qui devait être LE questionnaire imparable pour choisir son futur mari.

mercredi 5 novembre 2008

Publicité

02/09 de V. à B.
Monsieur, vous étiez jusqu'ici amateur de blondes à forte poitrine (siliconée).
Laissez-moi vous présentez aujourd'hui un tout nouveau produit
qui va radicalement changer votre conception du bonheur et révolutionner votre vie.
Plus écologique car son emballage réduit et rechargeable préserve la planète
Plus naturel, sans ajout de conservateur ni parfum de synthèse
Plus respectueux de votre peau avec un PH non agressif
Plus amusant d'utilisation avec son système breveté blagada
Plus doux grâce à ses composants tendres et calins
Plus proche de vos désirs secrets selon un procédé exclusif d'écoute personnalisé
MINI V. est LE produit qui vous fera oublier tous les autres précédemment utilisés
Un échantillon vous est offert pour toute prise de RDV démonstration avant le 03/09
Une offre promotionnelle d'abonnement longue durée vous sera proposé en exclusivité
Alors monsieur, n'attendez plus! Changez pour MINI V. !

03/09 De B. à V.
Mais aussi :
MINI V. ne s'use que si l'on s'en sert
MINI V. dure 3 fois plus longtemps
MINI V. lave plus blanc
MINI V. mini prix mais elle fait le maximum
MINI V., L'essayer c'est l'adopter
MINI V. ... WOUAIS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

mardi 4 novembre 2008

Sens souci

La famille traversant une fois de plus une période de préparation de code intensive pour cause de permis , nous sommes dans le questionnement des panneaux de signalisation. la jeunesse découvrant qu'ils ne sont pas uniquement des objets de décoration routière.
Et sens interdit par là, et double sens par ici, et sens unique au milieu...
Parmi les questions existentielles qui me tracassent régulièrement, "Qui suis-je?" "Où vais-je?" "Dans quel état j'erre?"la question de base concerne le sens de la vie.
Qu'elle se déroule inexorablement, sans demi-tour possible, qu'elle s'apparente aux chemins de traverse ou aux grands boulevards, qu'elle semble pour certains sans issue et pour d'autres une entrée d'autoroute, qu'elle s'avère pour ceux-là une chaussée déformée et pour ceux-ci un circuit de compétition, merci j'avais compris!
Mais le sens profond, le "pourquoi du comment "nous traçons notre route sur cette planète?
Les formes de vie sont si multiples et si complexes, la vie des humains serait-elle plus précieuse et plus signifiante que celle de tout autre être vivant? La faculté de réflexion qui nous est propre donne certainement à notre existence plus de responsabilité dans la chaîne vitale.
D'où le questionnement, sur tous les choix possibles pour toutes les voies aux carrefours de l'existence. Etre conscient de ces options, être sur de ses options.
Le code de la vie n'existe pas en version définitive, chacun écrit la sienne avec les valeurs qu'il a reçues et qu'il s'approprie, qu'elles soient morales, culturelles ou religieuses
Je me dis que quelques panneaux de signalisations seraient parfois les bienvenus pour éviter les impasses et les erreurs de trajets.
Et pourquoi non?

lundi 3 novembre 2008

le bonheur, qu'est-ce?

Est-ce un souffle, un espoir,
Une flamme allumée dans le noir,
Quelques pas sans tomber,
Un chemin dans les ronces tracé,
Les battements d'un coeur,
L'éclosion tardive d'une fleur,
Le masque d'un sourire,
La mer effrangée qui se retire ?

Sur le mur de la grotte un dessin.

Est-ce réalité ou bien rêve,
Dans les combats la trève,
Le galop fou qui se met au pas,
Une pierre grenat
Sertie du froid métal argenté,
La nuit d'aube teintée,
Le ruisseau remontant sur la mousse
Au secret de sa source?

Jamais plus disparaît pour demain.

dimanche 2 novembre 2008

Chapitre 7

Une des premières grandes décisions de Loula dans la voie de la rédemption fut
de se faire opérer de sa myopie. Elle prit donc un (pseudo) rendez-vous dans une clinique ophtalmique réputée, avec la complicité d’une copine secrétaire, en insistant sur le fait que le chirurgien interdisait toute accompagnement et toute visite pour éviter l’agitation « ma pauvre chérie, tu vas rester dans le noir toute seule ! » et passa une journée chez sa copine, à manger du chocolat et à boire du gin orange, version twenty de la soirée pyjama. Le soir, elle rentra au domicile familial l’estomac assez barbouillé pour prétexter l’anesthésie et les yeux assez vagues pour se plaindre d’une migraine et réclamer calme et silence. Elle ressortit le lendemain matin de sa chambre sans aucun besoin de lunettes (et pour cause) et chanta haut et fort les louanges du chirurgien. Celui-ci y gagna une opération de la cataracte pour la grand-mère, mais ne comprit jamais pourquoi elle n’arrêtait pas de le remercier pour avoir changer la vision des choses de sa petite-fille. Comme il était charmant et fort courtois, il se contenta d’un peu compromettant « C’est mon métier, madame » tout en se demandant si cette brave dame n’avait pas aussi besoin de consulter son collègue gérontologue.
La seconde décision de Loula fut de consulter un copain psychologue. Elle ui expliqua son soudain revirement face à la tradition familiale, lui confirma qu’elle n’était sous l’emprise d’aucune substance illicite, l’addiction au chocolat n’étant pas encore une cause d’arrestation,
et qu’elle était fermement décidé à convoler en justes noces, mais qu’elle aimerait bien avoir quelques trucs pour faire le bon choix parmi les prétendants que les femelles du clan ne manqueraient pas de lui trouver.
Ce collègue, au demeurant charmant, si ce n’était sa petite taille et sa calvitie précoce, crut judicieux de saisir l’occasion pour présenter sa candidature comme idéale, mais Loula ne put s’empêcher de rire, en lui expliquant qu’elle le considérait comme un frère depuis trop longtemps qu’ils se connaissaient, et qu’elle n’allait pas doubler un mariage de raison avec un inceste déraisonnable. Il en convint en riant (jaune) avec elle, et ne remit plus jamais la question sur le tapis (vert).
Sachez d’ailleurs qu’il rencontra une grande femme blonde, aux rondeurs pectorales inversement proportionnelles à ses circonvolutions cervicales, avec laquelle il put s’adonner sans aucun complexe à toutes les fantaisies sexuelles imaginables, ce qui ne provoquait chez elle qu’une adorable exclamation d’adoration unilatérale et invariable « Oh, toi, mon doudou alors ! ». Quand je vous dit que je trouve reposant le genre, je ne suis pas le seul ! Enfin, dans le fond, sinon dans la forme, puisque lui épousa, par manque de goût pour le changement et par besoin sécuritaire et hygiénique de la monogamie, une séquelle de tocs certainement.
Si j’ajoute que « Doudou » était la petite appellation affective dont le gratifiait encore
sa maman, vous en déduirez comme moi que cet homme aurait eu tort de se refuser la quintessence du fantasme oedipien accompli.

samedi 1 novembre 2008

Olé!

31/08 De V. à B.
"....On a chanté les madrilènes, qui vont aux arènes, voir le torero"Ce dimanche, à la manade, une grande réunion familiale a vu l'émergence d'un nouveau dieu de l'arène. Lors d'une ferrade, El B…., perpignanais d'origine mais aixois d'adoption, a fait montre d'une dextérité impressionnante à la capture des jeunes bovins. Et lors de la course qui a suivi, ses talents de razeteur ont enthousismé le public: il crochetait avec autant d'adresse la cocarde qu'il bondissait par dessus la barrière !
Selon des sources sures, c'était pourtant la 1ère fois qu'il s'adonnait au sport national camarguais. Va-t-il pour autant abandonner son poste de technicien de haute sécurité sur un site bien connu pour embrasser la carrière de torero? A cette question, El B… a répondu que descendre dans l'arène après cinq pastis tassés était une chose, affronter les toros à jeun une autre; qu'il trouvait que leurs cornes étaient quand même bien pointues; qu'il était déjà occupé à dompter V…-la-Rebelle et que c'était un sacré défi; que les arènes n'étaient pas climatisées; qu'il préférait la musique de Cold Play à celle de Carmen;qu'il aurait moins de temps pour dormir que dans son bureau; qu'il préférait les blondes à forte poitrine aux brunes espagnoles; qu'il ne pourrait pas mettre ses palmes pour nager sur le sable de l'arène.Les afficionados n'auront donc pas d'autres occasions de voir El B… toréer, mais ceux qui l'auront vu à l'oeuvre ce jour de grâce en parleront encore longtemps!
De notre envoyé spécial aux Saintes Maries, Speedy Gonzales

31/08 De B. à V.
rentre à peine, suis à 3 grammes et vanné!Super journée !Merci d'avoir fait l'éloge d'El B… qui s'est effectivement distingué ... mais pas en face des bestiaux !!!Gros bisous

vendredi 31 octobre 2008

Saint Crabe

C'est quand même incroyable le nombre de femmes de mon entourage qui doivent soigner un cancer du sein! Je ne sais si ce nombre est en réelle augmentation (une des conséquences indirectes du fameux nuage de Tchernobyl, qui n'aurait pas respecté les frontières géo-politiques pour la gent féminine seulement???) ou si c'est le fait de la prévention et du meilleur suivi médical qui permet d'en diagnostiquer plus dans les temps possibles d'une guérison, mais il est indéniable que tout le monde connait dans sa sphére familiale, amicale, ou professionnelle quelqu'une qui aura été touchée par cette maladie. Encore aujourd'hui, je viens d'apprendre que la soeur d'une de mes amies venait d'être opérée en urgence, et cette même amie a su qu'une de ses collègues de bureau devait aussi subir rapidement une intervention pour le même problème. Pour être passée par là moi aussi, je sais que, détecté au tout début et bien traité, il vous laisse la vie sauve; bien sur, au prix d'un traitement long et pénible, d'opérations complémentaires et de séquelles irréversibles. Mais, toujours l' histoire du verre, mieux vaut être moins "potente" que plus "potente du tout!
J'ai connu pourtant il y a de nombreuses années une très belle jeune femme, à la plastique parfaite, aux proportions d'enseigne de chirurgien esthétique, qui a refusé de soigner un cancer plutôt que d'atteindre à son intégrité physique. Elle n'a pas survécu à l'absence de tout soin, évidemment, mais elle est resté identique à ce qu'elle était jusqu'au bout de sa trop courte vie.
C'était son choix, fait en toute connaissance de cause et dans le respect de son libre-arbitre.
Et pourquoi non?

jeudi 30 octobre 2008

Communiqué syndical

28/08 De V. à B.
Les négociations entre la déléguée syndicale et le représentant du patronat ont bien avancé lors de la table ronde du mercredi 27/08 Il semblerait que la demande de considération du travail du service courrier soit acquise. Néanmoins, l'augmentation de 3,5 cigarettes est encore à débattre, le patronat ayant tendance à piocher dans le paquet des travailleurs.D'autre part, l'exil du petit peuple sur une banquette de fortune pendant que la France d'en haut se prélasse dans un lit est absolument à reconsidérer sur les points suivants:
- fait froid
- carence affective
- privation du droit au(x) câlin(s) supplémentaire(s)
La déléguée affirme que le délégué patronal est de bonne composition (sans précisions sur le sens attribué à l'expression) et que la poursuite des négociation devrait être positive. Suite des informations dans un communiqué ultérieur.

mercredi 29 octobre 2008

Chapitre 6

Chose promise, chose due, je vais vous parler de la mère de Loula.
Je dois d’abord vous donner quelques précisions sur les usages de ce matriarcat
et le problème du nom de famille à l’état-civil..
La famille grecque des Galanis est celle des femmes, vous l’aviez compris.
Il n’existait pas encore à l’époque la possibilité de donner à l’enfant soit le nom du père,
soit celui de la mère. Il fallait donc privilégier la pérennité du nom.
Il était donc d’usage qu’une fille se sacrifie au mariage, à condition d’arborer les deux noms sur sa carte de visite; Ainsi la grand-mère de Loula se présentait toujours comme Kate-Irène Parapos née Galanis, et sa fille comme Jane-Hélène Martinot-Galanis.
La sœur de Kate-Irène avait pu rester célibataire et pouvait donc se prévaloir d’un
Emmy- Philomène Galanis sans tache.
Deux filles étaient nées de l’union Parapos-Galanis : l’aînée, Lauryn-Alexane aurait logiquement du être celle qui engendrerait la descendance. Mais une impossibilité physiologique ne lui permit pas d’être mère. Elle avait bien épousé un procréateur mais aucune grossesse ne put arriver à son terme. On découvrit des années plus tard, alors qu’un énorme kyste utérin nécessitait une opération d’urgence, qu’un « jumeau » non- développé avait laissé dans son ventre un agglomérat de dents et cheveux ! Il fut bien entendu que seul un mâle aurait pu décider de ne pas naître dans une famille où il n’aurait pas été le bienvenu, tout en pourrissant l
a vie d’une femme… Lauryn- Alexane n’eut pas à quitter son mari, qui eut la courtoisie de décéder discrètement, pendant son sommeil, et lui permit ainsi de se présenter comme Galanis, veuve Dorneau.
Il incomba alors à Jane-Hélène de remplir la mission familiale.
Cela n’arrangeait pas du tout ses affaires, car elle avait depuis longtemps le désir d’entrer dans les ordres pour pouvoir en donner. Elle avait été fascinée très tôt par la formidable puissance de l’Eglise catholique (les Galanis n’était pas d’obédience copte mais catholiques romains), et si les femmes ne pouvaient encore dire la messe et administrer les sacrements, il restait quand même la possibilité à une femme intelligente et ambitieuse de faire carrière. Elle avait donc entrepris des études de théologie en ce sens. Hélas, le devoir familial brisa à jamais ses rêves de gloire religieuse.
Elle épousa donc le mari que sa mère lui avait dégotté, et accomplit le devoir conjugal.
( Elle trouva d’ailleurs, à sa grande surprise et à sa plus grande honte, du plaisir à cela).
Etant au mieux avec les instances divines, elle avait pris la précaution d’accomplir force pélerinages et dit mult prières pour qu’une fille lui soit donnée du premier coup, si je puis m’exprimer ainsi, car il était hors de question pour elle de tenter plus d’une fois la chance !
Et c’est ainsi que Mary-Sophie Dalbert-Galanis, notre future Loula, vint au monde.
Mais les sentiments maternels de Jane-Hélène à l’égard de sa fille furent de ce jour très ambigus : un mélange complexe d’amour et de rejet. Vous comprenez que cette enfant incarnait à la fois les rêves déçus de sa mère et l’accomplissement du devoir, la fin d’une ambition et le respect d’une tradition sacrée, la joie d’avoir une fille qui pourra à son tour suivre la tradition familiale mais devra aussi sacrifier sa vie personnelle. Sans compter que cette petite était l'incarnation vivante du péché de chair, qui n'en est pas un dans les liens sacrés du mariage, à condition de ne pas l'accompagner d'une jouissance féminine pernicieuse et diabolique.
La tradition biblique faisait porter le poids du péché originel sur les rondes épaules tentatrices de la femme, et l'Eglise lui réservait depuis les seules douleurs de l'enfantement sans lui autoriser le plaisir qui devait normalement précéder celles-ci de neuf mois.
Croyez-moi, je n’avance pas ces dires sans preuves. J’ai eu l’occasion de me documenter
sur les préceptes religieux en matière de sexe et j’ai pu consulter un manuel d’éducation morale
et sexuelle, en usage auprès des parents catholiques modernistes qui ne refusaient pas de parler de « la chose ». Et bien, à la description physique des organes, il manquait le clitoris qui était rayé purement et simplement de la carte géographique féminine. Logique, ce n’est pas un organe reproducteur, me rétorquerait un jésuite retors. Et il n’aurait pas tort. Tout de même!
Bref, cet amour inconditionnel et ce manque total de tendresse se traduisit pour Loula, dès sa petite enfance par le chaud-froid, la douche écossaise, le sauna finlandais dans les paroles et dans les gestes. la chaleur des autres femelles compensa largement cela et elle apprit très vite à louvoyer entre les écueils maternels ; son père lui apporta également une sorte de tendresse bourrue, mais il englobait sa fille dans le gynécée qui menait la maison et s’en méfiait donc un peu.
Aussi l’annonce de la volonté de Loula d’épouser enfin un homme et la tradition familiale replongea sa mère dans des affres de doute quand à sa propre vie.
Heureusement pour l’église paroissiale, qui la vit s’investir encore d’avantage dans la communauté et put exploiter sans vergogne sa bonne volonté participative, ce qui allait du catéchisme à la préparation des kermesses, du club biblique à l’animation des messes, des ventes de charité aux repas communautaires, en lui faisant miroiter comme récompense suprême… le diaconat !

mardi 28 octobre 2008

Chat alors!

"Je suis le diable, et je vais commencer mes diableries sous la lune montante, parmi l'herbe bleue et les roses violacées.. Gardez-vous, si je chante trop haut cette nuit, de mettre le nez à la fenêtre: vous pourriez mourir soudain de me voir, sur le faîte du toit, assis tout droit au centre de la lune!..." Colette parle d'un de ses chats comme d'une créature surnaturelle.
Et ne dit-on pas que les chats ont neuf vies, ce qui est également du domaine fantastique ?
Je regarde le mien, bondir comme un tigre dans la jungle des hautes herbes du jardin, grimper tel un écureuil sur les plus hautes branches de l'arbre du chemin, ronger des os volés en grognant comme un dogue, s'allonger en s'étirant jusqu'à n'être plus qu'une tubulure serpentaire, trotter à la queue leu-leu de ses compagnons de vadrouille nocturne, bondir avec la détente d'une grenouille de mouches en papillons et se pourlêcher les babines d'une grasse sauterelle, se laisser choir de fausse inanition comme le renard pour apitoyer le garde-manger, grimper par le toit, comme un singe dressé, pour s'introduire subrepticement dans des pièces interdites, et enfin, occupation principale, essentielle et sacrée, dormir comme un loir.
Je me dis parfois, quand la vie me sort une série "emmerdements maximum" que la réincarnation n'est pas forcément mon idéal spirituel.... Mais vivre chat, vivre neuf fois,
surtout dans des conditions de vie optimales, avec toute liberté et esclaves dévoués,
ce doit être tout à fait envisageable.
Et pourquoi non?

lundi 27 octobre 2008

Changement de saison

Finis les fruits d'été, gorgés de libellules
Disparus les secrets aux creux des coquillages
Envolés les frous-frous des robes de dentelle
Terminés les plongeons dans l'océan du ciel
Effacés les pieds nus des chercheurs de trésor
Parties au bout du monde les ailes colorées
Ecrasées sur le sol les fleurs de cerfs-volants
Diluées par la pluie les bleus des alizés
L'été ne sera plus qu'un souvenir heureux

Découverts les fruits bruns des coques automnales
Arrivés les ramages des vertes tricoteuses
Emmitouflées les peaux dans la douce tisane
Commencés les sillages dans la brume du soir
Descendues des nuages les cascades d'argent
Exalté le silence des vagues immobiles
Tatouées sur la terre les feuilles craquelées
Explosées de couleur les vignes au jus sucré
L'automne ouvrira grand ses coffres de patience

dimanche 26 octobre 2008

Communiqué syndical

27/08 De V. à B. Grève illimitée
Un avis de grève du service courrier de l'agence V. est déposé ce jour pour 48h renouvelable si aucun accord n'est trouvé avec la direction. Les employés réclament un augmentation de leur salaire net de trois cigarettes et demie, une RTT le dimanche après-midi, une prime de risque pour les virus informatiques, et surtout une meilleure considération pour leur statut, alors que certaines personnes n'accusent même pas réception de leurs mails. Une table ronde devrait réunir ce soir personnel et direction.

Re: Communiqué syndical‏ - De B. à V.
Le représentant du patronat nie formellement son manque de considération pour la déléguée syndicale.Ceci n'appelle aucun commentaire (Cf. article 2 du texte réglementaire applicable intégralement reproduit en annexe) Cependant, il est prêt à reprendre les négociations là ou elles ont été rompues et éventuellement, par la suite, reconsidérer les demandes formulées dans le communiqué en objet.le représentant du patronat informe que la reprise des négociations sera fortement dépendante de la teneur du communiqué syndical à venir.
Annexe Art 1 : Le patron a toujours raison.
Art 2 : En cas de désaccord, se référer à l'article 1.

samedi 25 octobre 2008

Prêtes à tout pour plaire

J'ai regardé vendredi soir une émission belge de télé-réalité sur W9 qui s'intitule "Prêtes à tout pour plaire". Des femmes ont gagné la gratuité d'opérations de chirurgie plastique, moyennant bien sur l'étalage public de leurs misères. Mon amie V., celle dont je vous rapporte les échanges en dial dans la rubrique "elleet lui.com" la suit avec assiduité et se demande si elle ne devrait pas elle aussi recourir à ses expédients médicaux pour améliorer son image. Je ne sais que lui conseiller... Je pense que s'accepter tel que l'on est, intérieurement et extérieurement, est un commencement de sagesse. D'un autre côté, tout le travail de développement personnel psychologique est considéré comme un bonus pour enrichir sa personnalité. Quand je vois ces femmes de l'émission, marquées par des conditions de vie difficile, des accidents ou des erreurs de la nature, je me dis que leur développement personnel nécessite peut-être à juste titre une aide extérieure, même si elle plus directe, plus physique, plus "violente". Et je leur reconnais un certain courage d'accepter la souffrance pour réaliser leur rêve. Si quelques rides en moins, un nez plus droit, des lèvres repulpées, un cou et un ventre plus ferme peuvent les aider à gommer leurs blessures intérieures, je me refuse le droit de les juger.
Et si mon amie décide à son tour de soigner ses doutes et ses incertitudes en s'allongeant sur le billard d'un magicien du bistouri, je serais à ses côtés, sans parti pris sinon le sien.
Et pourquoi non?

vendredi 24 octobre 2008

Chapitre 5

En fait, oui, il y aurait bien eu un signe qui aurait pu alerter des esprits moins obtus, le choix du surnom « Loula » Et encore….
Dans la famille de Loula, qui donc ne s’appelait pas comme telle à la naissance,
il y avait une fâcheuse tendance à ne produire qu’un seul genre de progéniture, du genre féminin. De génération en génération, le mâle était un greffon de survie, sur l’arbre matriarcal qui plongeait ses racines dans le creuset du bassin méditerranéen. Beaucoup de Grèce chez les Galanis et si le nom n’apparaissait pas toujours sur les cartes de visite, la beauté altière et les cheveux noirs servaient de signes identitaires. En revanche, la génétique prend parfois un malin plaisir à révéler des histoires d’amours cachées (il avait été question d’une aïeule qui aurait succombé à la fougue nordique d’un soldat saxon) les yeux bleus n’avaient rien de bien helléniques et se transmettaient sans discontinuer de génération en génération, quelles que soient les origines du géniteur de service. Plutôt que de vivre cette tare comme une infamie familiale, la fierté des Galanis avait relevé le défi en décidant de prénommer systématiquement leur rejeton d’un prénom anglo-saxon et d’un prénom grec. Pour l’Etat-civil, la jeune fille en question se prénommait donc Mary Sophie.
Dans ce début du XXI ème siècle,la tendance à l’université de psycho,était encore à la babacoolerie. Il ne s’agissait pas d’une nécessité vitale, comme elle avait pu l’être pour leurs ancêtres de 68, mais s’approcher des profondeurs des méandres de l’âme humaine demandait de se débarrasser du carcan éducatif.
Si vous voulez mon avis, que je vous donne même si vous ne me le demandez pas, il me semble que le carcan éducatif de cette génération ne pèse pas lourd sur leurs épaules. Les contraintes familiales sont légères et les permissions inépuisables. Ce ne sont pas là les grognements jaloux d’un vieux radoteur, parce que je préfère sans aucun doute voir des jeunes qui dialoguent avec leurs parents qu’ériger en modèle les « c’est comme ça et pas autrement » de mon père. Je me rappelle qu’il m’avait interdit de porter un « blue jean » ! C’est plus ridiculement risible qu’autre chose mais représentatif de ce qui nous poussa à descendre dans la rue et certainement à quitter plus vite le nid familial, la tendance étant aujourd’hui inversée pour le « cocooning ».
Mais tous les psys du monde pourront se donner la main pour m’expliquer qu’il ne s’agit pas d’un joug concret mais de la somme symbolique des archétypes familiaux et sociaux instillés par l’éducation dans ses dits et ses non-dits, qui ont formats les structures inconscientes et les arcanes réactives du conscient (Amen)
Bref, la jeune fille réalisa que son prénom était tout sauf cool, et décida de couper avec éclat le cordon familial en même temps que les cheveux, elle décida se faire appeler « Loula ».
Elle avait fait la connaissance l’été précédant son entrée en faculté d’un jeune directeur de centre de vacances d’origine guadeloupéenne. Elle avait choisi de « faire une colonie » pour gagner un peu d’argent mais aussi pour s’occuper d’enfants et avait été engagée par ce centre municipal. (Elle découvrit à cette occasion les prémices de ce grand paradoxe de l’instinct maternel : on peut adorer et détester les enfants tout à la fois). Elle eut pour ce Pierre d’emblée une sympathie secrètement amoureuse qui se traduisit par un dévouement total à la vie du centre.L’équipe de moniteurs avait choisi pour thème « Pierre et le loup », comme une boutade envers leur directeur, qui leur avait traduit en créole le titre de l’œuvre « Pyè é lou-la ». La colonie fut un bonheur pour tous, même si certains en ramenèrent des poux (les gosses), d’autres des cernes (les monos), et une autre encore des rêveries exotiques (Mary-Sophie).
Ainsi donc, quand le temps de choisir un nouveau baptême fut venu, elle tira de son cœur « Loula », mi-femme /mi-animal, et pensa que cela lui allait comme un gant. Plus tard, une amie de fac originaire du Maroc, lui apprit que son oncle possédait un riad à Marrakech qui portait ce prénom. Et la nouvelle Loula trouva que son cœur rempli d’amour cosmopolite et universel avait fait le bon choix.

jeudi 23 octobre 2008

Conférence IUSP

27/08 De V à B.
L'Institut Universitaire des Sciences Parallèles serait honoré de votre présence
lors de la conférence de l'honorable professeur Dounell sur le thème
"Présence de l'invisible à travers les siècles, foi ou certitude"
Le professeur traitera des mythes sur les entités de l'au-delà,telles les spectres, les vampires, les loup-garous,les zombies et démontrera que bien des croyances relèvent de phénomènes scientifiques expérimentables. A l'issue de son exposé, le professeur dédicacera son dernier ouvrage "L"homme invisible"
dont voici quelques extraits:
[...] Antoine de Saint-Exupery affirmait que "l'essentiel est invisible pour les yeux", je voudrais vous prouver à mon tour que l'homme invisible, qui par définition ne se voit pas au sens organique du terme, a pourtant une réalité essentielle dans la cosmographie.
[...] Bien des religions affectent ce pouvoir d'apparaître et de disparaître, de devenir donc invisible, à leur(s) divinité(s) et à ceux de leurs disciples qui ont approché la vérité.
[...] C'est une question très importante dont la réponse permet de ramener tous les phénomènes paranormaux décrits précédemment à un simple problème sémantique: "être invisible" ne signifie pas "être invisible" mais "ne pas être visible"
[...] On constatera que tous les exemples donnés concernent des hommes; cela ne démontre en rien une quelconque supériorité métabolique masculine mais une plus grande faculté d'adaptation au stress par un phénomène de fuite. [...] Si le personnage de cinéma est "l'homme invisible" et non pas "la femme invisible" c'est que de part leurs différences physiologiques et psychologiques, l'homme seul peut disparaître au yeux des autres; toutefois, quelques rares femmes y parviennent mais elles sont soit enfermées dans un couvent, en proie à l'extase mystique avec un invisible, soit stripteaseuses à Miami, coulées dans la marina pour avoir dénoncé leur souteneur.
[...] Ainsi donc, « l'homme invisible" utilise des procédés bien réels pour un phénomène classé depuis toujours comme paranormal; il est d'ailleurs remarquable de constater que l'évolution technologique n'a pu entraver cette faculté. Quête du feu à la Préhistoire, Croisade au Moyen-Âge, expédition géographique à la Renaissance, montgolfière au XVIII, train et paquebot à l'ère industrielle, avion et fusée de nos jours, tout est base de départ.
[...] C'est bien la femme, vestale, qui prend soin du feu et ne peut donc "disparaître" [...] Cependant, il est à noter une évolution des espèces qui tend à réduire l'écart démontré entre les deux sexes et à diminuer la prépondérance de "l'homme invisible". En effet, force est de constater que portable et web ne sont pas l'apanage des seuls mâles et que ces outils peuvent donc aussi bien se retourner contre eux qu'être à leur tour utilisés par les femelles.
Si vous voulez connaître les conclusions surprenantes du professeur Dounell, ne manquez pas d'assister à sa conférence et d'acquérir son ouvrage!
28 / 08 De B à V
J'y serai à cette conférence !
J'aime bien cette définition :
"une plus grande faculté d'adaptation au stress par un phénomène de fuite"qui me semble bien exprimer la lâcheté masculine devant ce qu'il ne maîtrise pas ou mal.J'aime bien tout ce que tu écris d'ailleurs ! Mille bisous pour tout ça RNB

mercredi 22 octobre 2008

Il pleut bergère

Dans ma région, il reste longtemps sans pleuvoir, mais quand il pleut, ce n'est pas pour exercice! On a des angoisses inconscientes de déluge biblique, car les inondations, crues ou autres fantaisies aquatiques ont forcément touché un jour ou l'autre de leur vie sudiste les autochtones.
Et ce matin, au travail, j'ai vu une collègue rajouter une goutte au vase en y allant de sa larme. Fatigue? Crise de nerfs? Tension dans le service? Remontrance du chef? ??
J'ai entendu deux collègues masculins rigoler "des bonnes femmes et de leurs pleurnichades"; Vous imaginez bien sur leurs commentaires très raffinés sur les "ragnagnas" et autres sobriquets stupides de la particularité féminine.
Ceci dit, oui, les femmes pleurent plus souvent, évacuant ainsi d'ailleurs pas mal de stress. Comme c'est un fait avéré, depuis l'enfance on leur en concède le droit, même si cela agace .
Aux hommes, les vrais (!), on demande plus de fermeté, moins de laisser-aller, et je vous assure que les choses n'ont guère évoluer, le machisme ambiant et les archétypes sociaux ont la vie dure. Si ce matin un collègue masculin avait éclaté en larmes, cela n'aurait pu être que pour une raison gravissime (deuil, perte d'emploi);et même les femmes pensent cela...
Pleurer serait donc un signe de faiblesse de caractère.
Si pleurer était au contraire un signe de force, la force de reconnaître sa faiblesse, et de courage, le courage d'affronter les difficultés. Les femmes ET les hommes auraient peut-être alors le droit de pleurer sans jugement .
Et pourquoi non?

mardi 21 octobre 2008

Agence de Voyage

21/08 de V; à B.
Vous n'avez pas de passeport? Vous n'avez pas les moyens de voyager?> Et vous êtes malheureux parce que que vous n'avez rien à raconter d'exotique à vos collègues quand vous reprenez le travail? Cessez de vous lamenter, car voici LA solution:
Agence Plunulicikayeur
trouve pour VOUS, dans VOTRE région, tous les vices de forme des voyages à l'étranger à des prix défiant la concurrence des plus grands tour opérators! Ex : pour 50€ seulement
-attrapez la turista dans un restaurant aixois
- développez un zona dans un salon U.V des Milles
- soyez piqué par un scorpion dans le Lubéron
- retrouvez votre coffre vidé de ses valises (ville au choix)
- mangez de la pâtée pour chat dans un fast food de Plan -de-Campagne*
- faites-vous dérober papiers et/ou argent et/ou portable et/ou CB sur le marché du Prado
Et vous pourrez ensuite raconter avec fierté vos folles aventures estivales!!!!!!
Nous vous proposons aussi d'autres prestations à des tarifs toujours compétitifs comme
piratage dans les calanques de Carry , stock-car au col de La Gineste, interpellation policière musclée à Aubagne.
Nous pouvons aussi vous fournir un devis pour réaliser un de vos cauchemars préférés.> N'hésitez-plus! Contactez-nous au 06 ..................................................
* nous avons l'option "pâtée pour chien"si vous allez passer un w-e à Perpignan

22/08 De B. à V.
Re: Voyage‏
je n'ose même pas imaginer un petit voyage à l'étranger : choléra, peste bubonique, staphylocoque doré, fièvre des marais, douve du foie, chicungougna, paludisme, tuberculose et autres syphilis et gonorée te guettent et te menacent.Reste enfermée et si une voie ferrée, une route, des oiseaux, des gens (d'impitoyables vecteurs de maladie avec le vent et les rongeurs) passent près de chez toi, porte un masque !
Utilise tes désinfectants pour stériliser ta nourriture (une salmonellose foudroyante est toujours à craindre !)Évite les conserves (la toxine botulique est mortelle !)
Et si tu croises un chat noir, fais ta prière ...Finalement les radiations nucléaires ne représentent pour toi qu'une infime menace ...
J'espère tout de même te revoir ... Vivante et pas trop atteinte !Pendant qqes temps, fais moi plaisir : laisse tomber la voiture, le vélo, et les courses au supermarché
Qqes n° utiles : pompier : 18 samu : 15 police 17 centre anti poison : 0800 800 800urgence (international) : 112 (911 ?)B. : 06........... (à n'utiliser qu'en cas d'extrême urgence ou si tout va bien !)

lundi 20 octobre 2008

chapitre 4

Lorsqu’elle rentra chez elle ce fameux petit matin (chez elle, c'est-à-dire chez ses parents-grand-mère-tantes) et qu’elle prit son café noir (papa) avec deux tartines (mamans) beurrées (mémé) confiturées (tata) et son verre de jus d’orange frais (tatie) elle lut dans le fond de sa tasse le vide intersidéral de sa vie et déclara :
« Je vais me marier»
Il y eu un deux centième de seconde de silence avant que les exclamations les plus diverses ne jaillissent des bouches féminines, le paternel se contentant de bourrer soigneusement sa pipe sans piper mot, « Ma chérie ! » « Enfin ! » « Je vais m’acheter un chapeau » « La cousine Yvette a l’adresse d’un excellent traiteur » « il y aura une cérémonie religieuse bien entendu » « Je pourrai mourir heureuse quand j’aurai vu mon premier arrière petit enfant » « Heureusement que la virginité n’est plus obligatoire » « Pas question d’inviter les Dunois » « Robe longue et voile » on prendra les photos au parc du… »
« ET AVEC QUI ? , interrompit alors le seul mâle de la famille qui avait eu le temps de tirer une bouffée bienfaisante de sa bouffarde.
Dix paires d’yeux éberlués (y compris Loula) le regardèrent , puis huit paires d’yeux éberlués regardèrent une paire d’yeux (Loula) tout aussi éberlués.
« Je n’en ai encore aucune idée »
Il ne s’agit plus alors d’une simple dépêche de l’agence France Presse mais bien d’une véritable déclaration de conflit mondial. Car rien, non rien ne pouvait surpasser l’importance que revêtait la déclaration de Loula. Babioles, fariboles, colifichets,toilettes et petits-fours attendraient leur tour qui viendra , cela ne faisait aucun doute.
Mais l’affaire était autrement importante : il fallait trouver à cette brebis enfin rentrée dans le droit chemin LE mari qui satisferait TOUS les membres de la famille dans leurs légitimes attentes – bien qu’il ne soit pas sur à cette heure que chaque membre ait les mêmes attentes en vue et même que les attentes de l’un (papa) ne soit pas en totale contradiction avec les attentes des autres (maman-mémé -tata-tatie). Car, tout bien considéré, quel avantage pourrait trouver le seul mâle actuel à voir entrer un concurrent direct sur ses plates-bandes s’il n’avait pas l’assurance totale que celui-ci saurait jouer aux échecs, ne serait pas allergique au tabac et saurait apporter soutien tacite et total à son détachement apparent ?
Pour résumer, l’image du gendre idéal n’était pas de même nature dans l’esprit de chacun.
Et Loula ? Elle décida de méditer encore un peu au fond de son lit sur l’annonce extraordinaire qu’elle venait de faire à sa famille et à elle- même.
Il était enfin temps que Loula mette un peu d’ordre dans sa vie, et le fait qu’elle le réalise d’elle-même, prouve ô combien le caractère urgentissime de la situation.
Voilà une jeune fille brillante, qui a réussi avec mention très bien un baccalauréat scientifique (option dessin) à 16 ans, qui a passé en parallèle une maîtrise de psychologie (option socio) et un diplôme de styliste (option mode), qui sait transformer en deux coups de ciseaux et trois surpiqûres la moindre nippe en création tendance, qui a ouvert un cabinet de consultation psy où elle soigne ses patients par le relooking, ce qui donne à sa salle d’attente un petit côté atelier de cousette, que la nature a dotée, par atavisme familial, d’un visage aussi harmonieux que la silhouette, et qui navigue en aveugle entre les écueils de la vie ?
(J’ai dû dans ma lointaine jeunesse pour une maison d’édition de romans fleur bleue, produire des écrits au mètre, oui, exactement comme les pizzas jusqu’à l’indigestion qui me donne parfois encore des remontées d’encre métaphorique)
Vous pensez, chers lecteurs, qu’effectivement un grain de sable s’est glissé dans les rouages de cette histoire et seulement deux explications peuvent se présenter :
soit j’embellis à souhait la courte mais déjà dense biographie de Loula, soit elle est l’unique patiente et non la thérapeute du cabinet de psychologie -consultations sur RDV tous les jours sauf le mardi après-midi et le jeudi matin,(unique parce que son cas doit suffire à nourrir la famille proche et colatérale dudit thérapeute, et qu’il faut également ménager son stress professionnel ).
Votre défiance au regard de la véracité de mes propos me blesse quelque peu mais je puis comprendre que votre étonnement hagard engendre quelques soupçons d’affabulation ; néanmoins, je dois réfuter cette hypothèse et vous certifier l’authenticité de mes dires.
Et je dois de surcroît éliminer le cas de figure où Loula présenterait un désordre mental tel que la psychologie ne serait pas son gagne-pain mais son garde-fou. Loula était la plus intelligente et sensée personne au monde, simplement ce monde-là ne coïncidait pas entièrement et tout le temps avec le monde lambda que nous parcourons au quotidien. Mais peu de gens le savent ; d’ailleurs vous-mêmes n’en êtes informés que par mon entremise !
Sinon, personne n’est au courant de cette histoire de fausses lunettes, même pas sa mère (dont il faut que je trouve le temps de vous parler).

dimanche 19 octobre 2008

Musique tribale

21/O8 De V. à B.
Je carbure à l'eau de javel, à la lessive St marc, au Mini Mir, et accessoirement au Coca pour désinfecter la tuyauterie. Cela a de curieux effets secondaires: des mouches tsé-tsé dansent devant mes yeux, mon coeur cogne comme un tam-tam, des coups de bambous martèlent mon crâne, mes oreilles sifflent comme une flûte d'os, mes mains claquent au rythme du clavier, mes pieds martèlent le sol en cadence.... Je vais me changer et passer un pagne, puis hululer à la lune un chant de guerre avant de partir à la chasse à la lionne (le fauve de la maison).Il me reste encore à trouver le guerrier zoulou ou massai qui voudra bien me suivre dans mon délire. Ce qui risque de ne pas être évident car il parait qu'il n'y a pas de connection internet en pleine brousse...

21/08 De B. à V.
Laisse tomber les produits ménager (y compris le coca !) et mets toi au gros rouge ou au rosé de provence.D'ailleurs, si j'en juge par les effets secondaires des mixtures que tu ingères, je pense qu'il te faut revoir le rangement et/ou l'étiquetage de tes lessives et autre desinfectant que tu dois allégrement confondre avec des flacons généralement entreposés dans une cave à vin ! Si non, arrête de fumer la moquette ou change de marque de cigarette.
A la joie de te lire ! bisous

samedi 18 octobre 2008

Pouce pousse!

Dans mon enfance, nous avions un petit jouet dénommé "pousse-pousse"; c'était un cadre de 6-7 cm dans lequel des petits carrés mobiles devaient être déplacés pour reformer une image en désordre. Je suppose que c'était un peu l'ancêtre du Rubik cube...
Depuis, ce jouet n'existe plus, mais la manie du "Pousse!","Pousse-toi! " ,"Poussez- vous!" est la ligne directrice de nos comportements sociaux.
Il faut se pousser à faire du sport, se pousser à progresser dans le travail, se pousser à réagir...
Il faut pousser pour mettre les enfants au monde, et ensuite il faut les pousser dans les études, les pousser à travailler, les pousser à se bouger, les pousser à passer des concours....
Rester sans rien faire est du domaine de l'hérésie sociale, du politiquement non-correct.
Et regardez nos retraités qui s'activent plus que jamais à toutes sortes d'occupations, avec un carnet de RDV plus rempli que celui d'un VRP...
Que reste-t-il comme temps pour la réflexion, l'introspection, l'imagination, la simple rêverie?
Une très jolie et ancienne chanson d'Anne Sylvestre disait: "C'est les rêves, c'est les rêves qui font grandir les enfants / C'est les rêves, c'est les rêves qui les poussent en avant"
Et pourquoi non?

vendredi 17 octobre 2008

Chapitre 3

Et sans ses lunettes, elle se voyait très bien, trop bien.
« Mais c’est le contraire » vous exclamez-vous dans votre fauteuil- ou dans votre lit- ou affalé sur le canapé- ou dans votre hamac- ou sur la lunette… ah non, pitié, un peu de considération pour la profession d’auteur qui a défaut d’être convenablement rémunérée mérite que ses œuvres ne soient pas lues dans n’importe quel petit coin tout de même ! « Elle se voit moins bien sans ses lunettes, forcément ! »
Je reconnais que pour la majorité écrasante des myopes, soit 99,9%, leur vue est beaucoup moins nette sans qu’avec verres correcteurs, et que leur premier geste au réveil et de redonner au monde des contours moins flous en les posant sur leur nez ou sur leurs rétines s’ils sont adeptes des lentilles.
Personnellement, j’ai reculé au plus tard possible l’usage des binocles et j’ai investi longtemps dans des loupes qui me permettaient de bouquiner dans mon lit sans avoir les bras tendus. Mais une de mes amies (je ne peux pas dire « petite » je ne les choisis jamais au dessous d’1m75) m’ayant un jour surpris chaussé de mes bésicles de substitution et trouvant cela « trop sexy », je joue maintenant assez bien de cet accessoire, après avoir longuement travaillé devant le miroir de la salle de bain le regard en dessus, la gestuelle du "je mets-j’enlève" et toute les possibilités sensuelles qui s’offre au malin binoclard.
Mais le sujet de mon propos, à savoir Loula et ses affres existentiels, ne concerne pas la population lambda de notre bonne vieille planète, géographiquement parlant la partie occidentale, en particulier les habitants du pays hexagonal et encore plus précisément les massiliens. Loula étant membre du 1% qui ne fait rien comme les autres, ses lunettes ne lui étaient d’aucune utilité pour percevoir clairement le monde environnant, bien au contraire. Puisque Loula portait des lunettes de myope depuis qu’elle avait découvert leur formidable brouillard protecteur.
Cela devait remonter à ses dix-onze ans, l’entrée au collège, je crois. Elle avait essayé par jeu la paire d’une copine et découvert que le monde en flou artistique semblait beaucoup plus doux. Aussi, elle n’avait eu de cesse de s’en faire prescrire en rusant avec malice l’oculiste qui n’y vit que du feu. Elle «oubliait » donc de porter ses lunettes pour leur usage prévu d’aide à la lecture et les chaussait allègrement pour errer dans la vie dans un monde parallèle, aux contours imprécis et duveteux.
Il y avait une chanson de Joe dassin qui racontait les affres sentimentaux d’une boulangère qu’un fidèle client ne remarquait pas, jusqu’à ce qu’elle décèle son problème et lui offre une paire de lunettes.
Si vous commencez à douter de la tactique de Loula en matière d’approche amoureuse, c’est bien, vous commencez à cerner le personnage ; et je ne peux donc que me féliciter de l’excellence du portrait que j’en ai dressé.
Car, en fait, comment peut-on choisir un partenaire si l’on n’en devine que les contours ? La chose est entendue, je pense pour tous, il est très difficile de ne pas se tromper en matière de choix amoureux ; A moins d’avoir choisi une stratégie telle que je vous l’ai expliquée précédemment, la plupart des gens tente de trouver au premier coup d’œil celui (ou celle) qui réunira les qualités intrinsèques de tout prince charmant (princesse) qui se respecte, à savoir, beauté, intelligence, disponibilité totale, confiance absolue, hygiène irréprochable et compte bancaire bien garni.
On choisit donc le plat pour son appétence, on goûte ensuite pour voir si les promesses alléchantes du menu sont tenues ; on sait d’ailleurs que ce système d’exigence maximale donne un pourcentage de divorces record et un pourcentage non moins grand de conjoints battus. Mais, au moins, on peut dire que chacun est responsable de son choix .
Or, dans le cas de Loula, vous avez compris que le terme « choix » n’est pas le plus adéquat. Elle choisissait ses partenaires selon la fragrance de leur eau de toilette, la couleur de leur chemise, leur stature, jamais sur leurs traits. Dans l’intimité des lumières tamisées de la chambre, cela n’avait guère d’importance, et puis les traits du visage n’étaient pas à vrai dire l’intérêt principal du monsieur dans ces moments là. Mais le matin, quand elle découvrait a giorno la bobine de son partenaire nocturne, il lui arrivait de penser parfois que choisir dans son habituel flou artistique pouvait mener à bien des déceptions.
C’est ainsi qu’elle découvrit un matin un rocker sur le retour qui devait être employé comme catalogue chez un tatoueur, un marin qui avait du souffrir du scorbut lors de sa dernière traversée de l’atlantique, un boxeur dont les arcades proéminentes venaient en ligne directe de son héritage génétique néandertalien,la palme d’or revenant à un certain Dominique qui lui demanda de pratiquer son injection hormonale…